Le PLC expose (encore) son amateurisme sur le cas “Maganga Moussavou”

Les récentes révélations sur l’achat de véhicules de Luxe par le Vice-Président de la République, Maganga Moussavou, inspirent certains partisans de Jean Ping qui appellent alors hasardeusement à sa démission. C’est notamment la demande formulée par le très grand parti historique se disant “Pour Le Changement” (D’après Gabon Média time). Puisque, selon eux, Ali Bongo n’est pas le Président de la République, qui donc doit mettre fin aux fonctions du Vice-Président ? Certainement Jean Ping, pour rester cohérent avec eux-mêmes ?

PING démet Maganga

Dans les deux hypothèses qui emmèneraient le Vice-Président, Maganga Moussavou, soit à démissionner de lui-même, soit à être démis, il faudra bien qu’une autorité de nomination acte pareille vacance. Reste donc au très grand parti historique dit “Pour le Changement” de préciser l’identité du Président de la République censé mettre fin à ses fonctions.

Parce que, selon les dispositions de la Constitution – Loi No 1/2018 -, en son article 14 nouveau :

“Le Président de la République est assisté d’un Vice-Président de la République.

Le Vice-Président de la République est nommé par le Président de la République qui met fin à ses fonctions. Le Vice-Président de la République est choisi au sein du Parlement ou en dehors de celui-ci.”

Des dispositions qui ne laissent place à aucune ambiguïté quant à l’initiative d’une démission du Vice-Président. Autrement, seul Ali Bongo Ondimba peut mettre fin à ses fonctions !

Contrairement au cas du Premier Ministre. En effet, l’article 15 de la Constitution est on ne peut plus clair sur les termes de la démission :

“Le Président de la République nomme le Premier Ministre.

Il met fin à ses fonctions, de sa propre initiative, ou sur présentation par le premier ministre de la démission du gouvernement, ou à la suite d’un vote de défiance ou de l’adoption  d’une motion de censure par l’assemblée Nationale.”

Pour rappel, c’est par décret n° 248 du Président de la République, en date du 21 août 2017, que Maganga Moussavou a été nommé Vice-Président de la République par Ali Bongo Ondimba.

Puisque nous connaissons l’attachement de certains au respect des dispositions constitutionnelles, espérons qu’ils ont tout aussi déjà songé à proposer (à Jean Ping, leur Président ?) l’identité du remplaçant de l’actuel Vice-Président. A moins d’être pour la vacance permanente de cette fonction au mépris de la Constitution, comme le soulignaient d’autres observateurs proches de la Coalition Jean Ping durant le dernier septennat.

Une sortie somme toute incohérente et ridicule du PLC, parce que réduite à un simple débat de personnes.

Ailleurs, d’autres partis, avec bien plus de hauteur politique, appellent plutôt à la suppression pure et simple de cette fonction ou institution, indépendamment de la personne de Maganga Moussavou et ses scandales de Luxe en pleine période d’austérité. Toute une nuance !

Même si le Vice-Président se défend dans Jeune Afrique (du 30 juillet 2018) sur son droit de dépenser  son argent comme il l’entend (laissant entendre que l’argent dépensé pour ses bolides n’est pas celui du contribuable comme certains médias le véhiculent implicitement), sa posture récemment moralisatrice appelant les gabonais à se serrer la ceinture, dès l’annonce des mesures d’austérité par le Gouvernement, le met nécessairement en contradiction avec son propre discours politique !

Ne serait-ce que par l’interpellation de l’éthique publique ou sociale qui codifie les comportements publiquement acceptables pour les institutions, personnalités, agents et responsables administratifs. D’autant que les actes relevant de leur sphère privée deviennent difficilement dissociables de leur vie publique et des politiques défendues par ces derniers.

Au-delà de ce qui peut donc apparaître comme un scandale vu le contexte politique, c’est bien plus l'(in)utilité même de la fonction de Vice-Président qui est à mettre en cause dans une République qui se cherche entre régimes présidentiel et parlementaire.

Et pour preuve !

L’article 14 (nouveau) susmentionné ne précise aucunement les missions affectées au Vice-Président de la République. Contrairement aux précédentes orientations de la Constitution (Alinéa 14d) avant la modification du 12 janvier 2018. Celle qui disposait que:

“Le Vice-Président de la République supplée le Président de la République dans les fonctions que celui-ci lui délègue. Les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique (…).”

Des précisions dont ne s’encombre plus la nouvelle Constitution.

Au contraire, elle renforce directement la soumission du gouvernement sous l’autorité du Président de la République devant lequel celui-ci est désormais responsable, bien avant l’Assemblée Nationale (Article 28 nouveau de la Constitution).

L’inutilité de la Vice-présidence est ainsi démontrée par la Constitution elle-même. Une institution à supprimer simplement. Avec ou sans l’achat d’une Bentley par Maganga Moussavou.

Cela étant dit, nous comprenons aisément que certains ne fassent pas semblant de ne pas être à la hauteur du débat politique. En dehors du pilotage à vue, à surfer et virevolter au gré du buzz et de l’actualité politique ; ceci agrémenté de tonnes d’insultes publiques bien plus remarquables que ces offres et propositions politiques qui manquent toujours à l’appel… Confondant temps médiatique et temps politique.

Scander des mantras sur la jeunesse et des généralités, que dis-je, des banalités sur le Changement ne suffiront hélas pas.

Toutes nos excuses pour le ton euphémique ! Dans la paix du Fils de l’Autre.

Meboon Môôn Meba Ondo

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