21 Juin 2018 : Et Raymond Ndong Sima fit son retour au Gouvernement…

Réduction, réduction, réduction. Décote. Examen de la masse salariale. Réduction de la taille du gouvernement… Le Conseil des ministres de ce 21 Juin 2018 a tout l’air d’avoir été dirigé par l’ancien Premier Ministre et, surtout, l’ancien Candidat Raymond Ndong Sima. Les mesures prises hier exposent clairement la dynamique managériale qu’il voulait impulser en tant que Premier Ministre. Un communiqué final qui reprend l’esprit de l’Axe 2 de son projet de société sur la nécessité de réduire et d’ajuster la taille de l’Etat à ses revenus.

Palais de la Présidence : Discussions entre le Premier Ministre Raymond Ndong Sima et le Président Ali Bongo Ondimba (Archives).

Ce 21 Juin 2018, le Conseil des Ministres a annoncé une série de mesures se résumant au mot “réduction“. De la masse salariale aux effectifs des membres dans les cabinets d’institutions et des ministères.

Peu de médias et presses le rappelleront alors que l’occasion s’y prête. Mais tout observateur garde en mémoire les initiatives de cet ancien Premier Ministre qui proposait en Octobre 2013 un programme de départs volontaires à la retraite anticipée. 70 000 fonctionnaires étaient concernés.

Des décisions qui participeront étonnement à sa sortie du Gouvernement.

En Janvier 2016, celui affectueusement appelé RNS va publier une tribune intitulée: “Le Prix de l’incrédulité”, comme pour rappeler au Gouvernement son obstination à ne pas vouloir prendre des décisions courageuses et objectives face aux crises économiques. Il dira :

“Il y a quelques mois, je tirais la sonnette d’alarme à la suite du retournement du marché pétrolier. Je faisais remarquer que l’évolution de ce marché préfigurait une crise qui pouvait être d’une grande ampleur. J’invitais en conséquence à ne pas promulguer la loi de finances 2015 en l’état puisque frappée de caducité en raison du décalage flagrant entre les hypothèses sur lesquelles elle avait été bâtie et la réalité du marché. Ce fut peine perdue. Cet appel à la raison n’était pourtant pas partisan. Il mettait en évidence une situation qui n’était imputable à personne, dans le pays ; une situation que le Gabon, comme les autres producteurs de pétrole, commençait à subir.”

Cependant, l’année précédente, en mars 2015, il fit paraître un livre-constat (Quel Renouveau pour le Gabon?) dans lequel il déclare sur la base de données chiffrées, et des rappels historiques de son passage au ministère de l’économie, que l’Etat ne peut grandir indéfiniment sans tenir compte de ses ressources.

Quel-renouveau-pour-le-Gabon-

Puis, en Juillet 2016, à un mois du début de la campagne présidentielle, il fit publier un autre livre-propositions dont l’axe 2 prédisait la série des mesures annoncées hier par le Conseil des Ministres. En page 97, “Le temps des choix. 2016 et au-delà”, comme par prémonition, invite à une réforme de l’Etat et l’ajustement de sa taille à ses revenus. Ce chapitre dit d’entrée que:

“Chacun est aujourd’hui en mesure de le constater : la taille de l’Etat gabonais et l’étendue de ses champs d’intervention sont considérables. C’est le résultat de plusieurs années d’une politique clientéliste qui a favorisé la création d’une multitude d’agences et autres institutions aux effectifs pléthoriques.(…) Pour toutes ces raisons, si l’on ne veut pas que la tâche des différents gouvernements au cours des prochaines années soit insurmontable, il faut se résoudre à réformer l’Etat en questionnant sa taille, ses proportions et ses modalités de fonctionnement (…).”

Le temps des choix

Sommes-nous arrivés à ce temps des choix ? Le Conseil des Ministres semble y avoir répondu hier. En surface seulement, puisque la réelle réduction de la taille de l’Etat interpelle des réformes plutôt structurelles, selon l’ancien Premier Ministre.

Parmi les mesures qui rentrent en application immédiatement, selon le Conseil des Ministre de ce 21 Juin 2018, figurent :

  • – Application d’une décote de 15 % de traitement de l’ensemble des Institutionnels et autres autorités administratives ;
  • – Décote de 10 % sur les rémunérations des Cabinets ;
  • – Décote de 5 % sur les autres fonctions administratives ;
  • – Réduction des effectifs des Cabinets du Président de la République, du Premier Ministre, des Ministres et du Secrétaire Général du Gouvernement ;
  • – Réduction des effectifs des Cabinets des autres Institutions et des Autorités Administratives indépendantes ;
  • – Dénonciation de contrats de tout contractuel ayant plus de 60 ans y compris tous les fonctionnaires maintenus en activité ayant plus de 60 ans ;
  • – Mise à la retraite immédiate des agents absents pour cause de maladie de longue durée ;
  • – Examen des situations administratives, avancement et reclassement après 2015 ;
  • – Examen des situations des agents publics en service dans les établissements publics et percevant une double rémunération ;
  • – Audit de la masse salariale ;
  • – Interdiction de recrutement de la main d’œuvre non permanente ;
  • – Gel des recrutements en qualité de contractuel hors statut des agents déjà à la retraite ;
  • – Gel des concours, des mises en stage, des titularisations, avancement et reclassement pour une durée de trois (3) ans et assainissement du fichier de titulaire de fonction pour évaluer le niveau des indemnités indues ;
  • – Réduction de la taille du Gouvernement.

241 DDR | La Rédaction.

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