dim. Oct 20th, 2019

#InEdito|Sous-estimer Ali Bongo : l’erreur permanente de ses « adversaires »

Conserver le pouvoir est la preuve qu’Ali Bongo n’est ni amateur ni méprisable ! Demandez à son Vice-Président ! Au parti dit de la Démocratie Nouvelle, et à d’autres qui viendront compléter le tableau dès Mai 2018…

Le Gabon vit depuis quelques semaines au rythme des conversations autour des prochaines élections législatives prévues pour fin avril 2018.

Initialement programmé pour décembre 2016, ce scrutin va être successivement renvoyé à la demande du gouvernement par la Cour Constitutionnelle. Seul « l’Éternel des armées » (souvenir de cette expression que j’ai entendue tout au long de la journée d’hier) sait qui est derrière cette demande du gouvernement, si ce n’est celui qui le nomme : Ali Bongo.

Dans le feu du commentaire politique, certains critiquent vertement un tel renvoi. Pourtant, c’est en se servant de la loi que le gouvernement adopte sa vision du pouvoir. Qu’elle plaise ou pas: il recouvre tout du sceau de la légalité.

Voici des gens qui ont organisé un simulacre de dialogue au Noé Palace. En boycottant celui d’Angondjé. Pour ensuite se soumettre en avril 2018 au cadre politique nouveau issu des conclusions dudit dialogue conspué ! Se jetant corps et âme dans un scrutin dont les contours ont été tracés, bon gré mal gré, sans eux ! Incohérence ou pilotage à vue politique ?

Jean Ping est appelé à se prononcer favorablement pour les législatives. Soit.

A quoi aurait donc servi de ne pas aller peser de tout son poids lors du Dialogue d’Angondjé ? Quels gages nouveaux pour la transparence auront les opposants radicaux candidats aux législatives ? Pourquoi avoir insulté Rene Ndemezogoobiang hier ? Quand on va jouer sur le terrain préparé par lui et d’autres ? Un peu d’honnêteté intellectuelle ?

ALI A EU RAISON DE JOUER SUR L’USURE

Qui voudrait faire des cadeaux en politique à son adversaire ? Le temps a remis en surface les unions de façade ! Les contradictions d’une opposition où chacun veut se servir de l’autre pour jouer sa propre partition.

Un Front Uni ici, une Coalition là-bas… tous ensemble mais chacun pour soi.

Autrement, quelle serait la logique ? La création d’un grand parti d’opposition comme l’a jadis essayé l’Union Nationale ou, à nouveau comme depuis la fin de la présidentielle de 2016, la naissance de 10 000 partis ? Chacun surveillant son titre foncier politique. Car, au moment de la négociation politique potentielle, chacun gagnerait à être Chef ou Président de quelque chose pour ne pas manquer sa portion du « Gâteau », selon Marc Ona ?

Ali Bongo est certainement la personne la mieux renseignée du pays. En plus d’avoir grandi dans les arcanes du pouvoir comme Fils d’Omar Bongo, c’est un truisme que de dire sa maîtrise des acteurs, du paysage et de l’environnement politique gabonais.

NE JAMAIS SOUS-ESTIMER SON ADVERSAIRE

Dans « l’Art de la guerre » de Sun Tzu est enseigné ce principe en ces termes :

« Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer 100 batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. »

L’opposition connaît-elle vraiment Ali Bongo ? On a envie de répondre par la négative suivant l’enseignement de Sun Tzu qui estime que  » Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite » : c’est bien ce que semblent vivre les oppositions successives depuis 1990. S’estimer victorieuses aux élections tout en vivant la défaite.

Au Gabon, les opposants n’ont de cesse de véhiculer cette idée d’un Omar et, aujourd’hui, d’un Ali Bongo qui seraient des « cibles » ou des « adversaires » faibles. Nuls. Des amateurs. Sans diplômes et même sans intelligence !

Comment font-ils alors pour conserver le pouvoir depuis les années 60 ?

Comment Ali Bongo, bousculé par l’affaire de son état-civil, son acte de naissance, Bourgi, Pierre Péan, la DTE, Mba Obame hier et , récemment, Jean Ping, a-t-il fait pour être encore tranquillement assis au Palais Rénovation au moment de la lecture de ce paragraphe ?

Comment oser croire qu’un simple article dans Echos du Nord ou La Loupe vienne à bout d’un tel personnage ? Comment oser croire qu’une publication insultante sur les réseaux sociaux le fasse ?

Combien de ceux qui ont « insulté ou humilié » par des discours publics Omar et Ali ont fini par se faire nommer par eux ? Combien ont fini par faire leur campagne politique ?

Quel que soit le moyen utilisé (corruption, négociation, réconciliation, dialogue politique, argent, alliance circonstancielle, force militaire, et même le sexe… ), les Bongo ont démontré à leurs adversaires de quel côté se trouvait le manque d’intelligence ou de cohérence ! Qui sont finalement les amateurs dont on les accuse ?

Malgré ceci, certains acteurs, sans au préalable reconnaître soit leurs échecs, soit les atouts de leurs adversaires (BONGO), continuent de tenir un verbe haut en public juste pour s’écouter parler devant des partisans en manque de réconfort !

Mais un vrai leader n’est pas dans l’indulgence ou le confort des foules. Il se doit de tenir un discours de vérité. Elle dérange mais elle libère !

Au lieu de reconnaître ( pour mieux l’affronter?) la force d’un Ali Bongo qui soumet finalement tout le pays à son agenda politique – depuis 2009, tout comme ce sera le cas pour les prochaines législatives en 2018 -, ses prétendus adversaires sont dans le déni permanent ! Le fait est celui-ci, et il faut conjuguer avec, par principe de réalité: c’est Ali Bongo l’actuel Président de la République. Qu’on l’aime ou pas. Même ceux qui commettent des coups d’Etat prennent d’abord acte de l’existence d’un Homme assis sur le fauteuil présidentiel.

Que dire de ces gens qui renient alors la simple existence d’un Ali Bongo tout en se soumettant à ses décisions politiques ? Sont-ce des plaisantins ?

Fuyant cette réalité, ils choisissent de s’accuser mutuellement entre opposants. Insultant la participation aux législatives ici, espérant une prise de pouvoir hypothétique là-bas. Alors qu’elle aurait dû avoir lieu depuis bientôt deux ans selon certaines promesses. Heureusement que des précédents existent sur Mba Abessolo, Mamboundou et Mba Obame. On peut toujours attendre pour Ping : c’est en faisant la même chose qu’on obtient des résultats différents au Gabon !

Ali Bongo a su jouer sur l’usure et le temps en voyant l’alliance – exclusive du « Ali, Dégage! » – du 16 août 2016 autour de Jean Ping. Misant sur l’impatience des uns à retrouver le confort et les honneurs dans lesquels ils ont toujours vécu. Ce n’est pas juste une question d’argent car certains en ont, et sérieusement ! Mais, insupportable leur apparaît de ne plus porter de titres officiels : Président, Vénérable, Honorable, Ministre, Chef… Car, le pouvoir est surtout dans ces symboles ! D’ailleurs, créer précipitamment des partis politiques personnels et avoir des titres au rabais répond de ce besoin. En attendant mieux ?

Cette réalité va affronter toutes les incohérences. Au point que les discours radicaux et publics d’hier, traitant leurs adversaires d’assassins, d’amateurs et de criminels sont aujourd’hui les premiers ennemis des opposants.

Autant que le populisme qui a nourri la Coalition est aujourd’hui insulté… Méprisé ! Quand il servait la coalition, tout allait bien. Ce matin, face à une élection organisée quand l’a voulu Ali Bongo par stratégie politique (un amateur ?), ce sont ces mêmes électeurs nourris au populisme qui sont accusés par leurs leaders « opposants » de ne rien comprendre à la politique en prônant le Boycott.

Conserver le pouvoir est la preuve qu’Ali Bongo n’est ni amateur ni méprisable ! Demandez à son Vice-Président ! Au parti dit de la Démocratie Nouvelle, et à d’autres qui viendront compléter le tableau dès Mai 2018…

Meboon Môôn Meba Ondo

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