lun. Juil 15th, 2019

#InEdito|Echos du Nord dépense 7 millions par semaine en soutien à Ali Bongo ?

Echos du Nord ordonne à tous ses lecteurs de boycotter les produits des sociétés françaises et toutes les marques qui soutiendraient Ali Bongo Ondimba. L’on s’étonne par conséquent que le journal ne songe toujours pas à mettre un terme à son partenariat avec Multipress et Sogapress. Payant pour l’impression chez la première et versant 40% de commission chez la seconde sur chaque numéro vendu, sachant bien que ces sociétés tombent sous le coup de sa grande philosophie du boycott intégral. 

40% DE COMMISION

S’il suffit de s’abonner à Canal+ pour être un soutien du Président ; s’il suffit d’acheter des boissons de la Société des Brasseries du Gabon (Sobraga) ; s’il suffit de faire ses jeux  au Pari Mutuel Gabonais (PMUG)… on se demande si l’on n’est tout aussi pas un soutien du Président quand on fait imprimer son journal par Mulitpress Gabon avant de le distribuer par Sogapress ?

EDN MULTI

En effet, le principal quotidien d’information pro-gouvernemental est “édité par la Sogapresse, émanation de la société France Editions et Publications (Hachette). L’Union a été fondé en 1973 par Fred Hidalgo, auparavant coopérant à l’Agence Gabonaise de Presse (1971-1972), et son épouse Mauricette Hidalgo, responsables de sa conception, de sa réalisation et de son édition.”

Que dire de MULTIPRESS ?

“Société créée en 1973 au capital de 2,1 Milliards de FCFA, Multipress-Gabon est une société anonyme avec conseil d’administration. Multipress est membre du GIE « Ediprint » regroupant Sonapresse, Multipress et Edig.

Principaux clients : Sonapresse, AGP, Sobraga, Edig, PMUG, banques et administrations publiques.

Production : Différents journaux dont les quotidiens L’Union et Gabon Matin, étiquettes (Sobraga)…”

De ce qui précède, Echos du Nord est bien partenaire des sociétés françaises pour mettre son journal en kiosque.

Pour ce qui est de la distribution, par exemple, la Sogapress impose 40% de commission sur chaque journal vendu par ses réseaux. Autrement dit, Echos du Nord prévoit de reverser 7 200 000 F CFA par semaine à Sogapress qui serait, selon la philosophie de son boycott intégral, un soutien d’Ali Bongo Ondimba.

Tirant à 10 000 exemplaires à chaque publication, soit 30 000 par semaine puisque Tri-Hebdomadaire, et par projection sur la vente “intégrale” de ses numéros, Echos du Nord dépenserait ainsi et consciemment 7 200 000 F CFA  pour soutenir Ali Bongo Ondimba sur une base hebdomadaire ! Et ce, sans compter les coûts d’impression chez Multipress (un autre soutien du Président selon la doctrine d’Echos du Nord ).

Chaque lecteur achetant Echos du Nord est donc un soutien indirect d’Ali Bongo Ondimba, aussi longtemps que ce Canard fera imprimer et distribuer son journal par des sociétés françaises.

LES COMMENTAIRES DES INTERNAUTES…

Les internautes ne sont pas en manque d’observations pour souligner le côté absurde dudit boycott intégral. D’abord, il est demandé au journal de ne plus utiliser la langue française pour son écriture.

Ses journalistes vivant en France inspirent tout aussi des interrogations : comment vivent-ils eux-mêmes ce boycott en consommant français, et en empruntant les transports en commun français par exemple ? Et, pourquoi ne pas changer de terre d’exil quand on voue aux gémonies la même France ?

edn pahe

Seuls les employés de “Nord Editions” qui fait éditer le journal Echos du Nord mériteraient ainsi de poursuivre leur partenariat intégral avec des sociétés françaises, pendant que leurs compatriotes travaillant chez Canal+, au PMUG ou à la Sobraga devraient se retrouver au chômage.

Les journalistes d’Echos du Nord peuvent tranquillement se la couler douce en France, pendant que leurs compatriotes au pays ne doivent plus utiliser l’eau du robinet parce que produite par la Veolia via la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) ?

Nous suivrons tous à la lettre ces injonctions quand ECHOS DU NORD cessera tout partenariat avec des sociétés françaises, tout en demandant à ses journalistes de se trouver une autre terre d’accueil ou d’exil que leur bien-aimée France.

Meboon Môôn Meba Ondo

*Liens vers quelques chroniques et commentaires d’internautes à ce sujet :

Echos du Nord ordonne le boycott “intégral” des marques françaises mais exclut ses partenaires Multipress et Sogapress

Chronique de Pahé

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