#InEdito|Education Nationale : Notre proposition sur les Unités Mobiles d’Informatique chez le Ministre ?

Le Président de la République déclarait, lors du traditionnel discours de la Saint Sylvestre, qu’il était opportun de s’arrimer à une économie mondiale devenue une économie de la connaissance.  Aussi annonçait-il, à compter du mois de mars 2018, dans 94 écoles du secondaire, l’installation conjointe de 30 ordinateurs et d’une connexion internet. Une proposition que nous critiquions. Avant de proposer par expérience d’enseignant que lui soient associées des Unités Mobiles d’Informatique (UMI). Explications. 

NOTRE CRITIQUE SUR LA PROPOSITION DU PRÉSIDENT

Publiée le 02 Janvier 2018 sur notre page Facebook, notre tribune portait l’argumentaire suivant (in extenso) :

“Le format de la mesure sur l’installation des ordinateurs est inefficace et discriminatoire.

Je suis enseignant d’informatique. Le gouvernement serait plus inspiré en implémentant le même système qu’il se propose pour le réseau de cliniques mobiles.

En effet, pourquoi une centaine d’établissements seulement bénéficiera de la mesure ? Existe-t-il une école de la République à deux vitesses ? Favorisant certains et abandonnant d’autres ?

Il est souhaitable, à côté de ce que propose le Président de la République, de mettre en place des Unités Mobiles d’Informatique (UMI).

Ces unités seront soutenues par des véhicules transportant des kits d’ordinateurs portables et couvriront un plus grand espace géographique. Un véhicule avec 30 ordinateurs irait d’établissement en établissements. Avec l’avantage de dispenser des cours dans des zones sans électricité ou éloignées des centres urbains.

Leur journée de travail terminée, ces unités seraient ensuite confiées à des administrations bénéficiant de la sécurité des forces de police ou de défense quand – et l’expérience l’a démontré – les ordinateurs installés dans les écoles sont l’objet de vols fréquents ou de détournement.

Ce qui permettra à la mesure de s’étendre rapidement à plus d’établissements, ainsi qu’à l’intérieur du pays. Notamment dans ces écoles coupées de la civilisation dans mon Canton Kyè par exemple.”

L’EXPÉRIENCE CANADIENNE : “SCHOOL ON WHEELS” 

Le site Wikipedia.org nous renseigne sur l’expérience de la “Voiture école” lancée en 1926.

” Les voitures écoles ou wagons écoles étaient des écoles itinérantes qui avaient pour siège des wagons de chemin de fer. Elles ont circulé de 1926 à 1967 au Canada dans le nord de l’Ontario et à Terre-Neuve.

Pour les enfants du nord du Canada, le département de l’éducation n’offrait que quelques programmes suivis par correspondances. Ces programmes étaient supportés par des bibliothèques itinérantes, des écoles régionales dites de consolidation. Mais ce mode d’enseignement obtenait de piètres performances, en particulier pour les familles anglophones.

Les inspecteurs de l’éducation étaient néanmoins préoccupés par les lacunes éducatives du nord, et dès 1922, l’inspecteur J. B. MacDougall exprima ses doutes et demanda un service d’éducation amélioré pour le nord. Le moyen d’amélioration était laissé très ouvert, de sorte que rapidement l’idée qu’un enseignement itinérant qui aille à la rencontre des élèves, plus évolué, soit proposé fit son chemin.

L’idée était de reprendre le principe du prêtre méthodiste itinérant qui se déplace sur une route circulaire avec sa sacoche, et revient à intervalle régulier sur ses lieux de passage précédent. En adoptant ce principe, l’enseignant pouvait assurer le suivi de sa classe tout au long de l’année, tout en se déplaçant pour couvrir les besoins d’une vaste zone géographique. Nombre d’interlocuteurs trouvèrent le projet extravagant, mais J. B. MacDougall obtint le support du Premier Ministre de l’Ontario, G. Howard Ferguson, qui était également Ministre de l’éducation. L’inspecteur MacDougall réussit aussi à convaincre les compagnies ferroviaires de le suivre dans son projet.

Les compagnies Canadien National et Canadien Pacifique ainsi que le département de l’éducation conclurent un accord selon lequel le département fournirait les enseignants, leur matériel ainsi que celui des élèves (livres, bureaux, tableaux, cartes, bibliothèque, microscopes), et les compagnies les voitures. La conversion des voitures en salles de classe se fit aux frais du gouvernement.

Une première expérience de 6 mois fut menée en 1925. Elle allait se prolonger pendant 41 ans, au service des enfants isolés du nord canadien.” (Source)

AU GABON…

Cette expérience est possible. Le gouvernement gabonais a de nombreuse fois mis à disposition de la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA) des Bus Scolaires. En particulier, ceux de type BlueBird. Ces véhicules du parking de la SOGATRA ont d’énormes capacités d’aménagement.

Un exemple: lors de la proposition pour la société de desservir la Ville de Port-gentil, la presse ( Le Nouveau Gabon|La Sogatra ouvre une ligne de transport vers Port-Gentil ) rapportait la mise à disposition de Bus d’une capacité de 80 places assises. Un nombre de places supérieur au 30 postes d’ordinateurs proposés par le Président et qui ne nécessiterait que des aménagements adéquats.

L’avantages principal des UMIs étant la possibilité pour un seul véhicule, à partir d’un kit d’ordinateurs portables embarqués, de couvrir un espace géographique plus grand ; d’aller à la rencontre des élèves dans tous les principaux établissements recensés non seulement dans les centres urbains, mais aussi ceux des établissements les plus isolés.

Notre démarche prochaine consiste donc à présenter officiellement notre proposition au Gouvernement par le Ministère de tutelle en charge de l’Education Nationale.

Meboon Môôn Meba Ondo

 

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