lun. Juil 15th, 2019

#DroitDeRéponse|Le problème mal posé sur l’augmentation des frais universitaires

Je suis comme d’habitude abattu quand je lis et écoute les jeunes et, en particulier, les étudiants gabonais (eux-mêmes!) sur nombre de sujets publics.

Inscrits dans une contestation systématique contre les autorités pour certains. Ou dans un alignement militant pour d’autres. Sans distanciation avec les sujets abordés ou solution éloignée de toute lutte politicienne spécieuse.

Confondant “opinion et information”, comme le rappelait Nyamore Sampérode Mba lisant “Le Droit de savoir” de Edwy Plenel.

Quand ce ministre d’Etat, Alain Claude Bilie By Nze, dans son exercice de porte-parolat, affirme que l’Étudiant gabonais coûte 20 millions par an à l’État… qui sont ceux qui le contredisent par des quolibets et autres railleries ? Est-ce vraiment du mépris à l’endroit d’ACBBN ou une manière “courageuse” de cacher son absence de contre-arguments ?

Surtout, depuis que certains jeunes d’une certaine galaxie la torpillent sans même faire acte de contrition ? De ces discussions ennuyeuses sur la toile, entre sexe et affaires de sous, ou autres vidéos sans contenus… quel triste avenir pour le visage d’une jeunesse, dit-on, considérée en “référence”.

Leur imposture et leur ruse, comme celles de leurs leaders déifiés hier puis reniés ce matin, seraient les choses les mieux partagées ici. A chacun son examen de conscience. Passons.

Je suis favorable à la remise en cause des mécanismes de financement des études actuels. C’est la question de fond. Savoir si la proposition du gouvernement convient ou pas étant autre chose.

Et c’est là notre désaccord.

Chez les #RNISTE, nous avons une doctrine sur l’éducation et son versant pas si éloigné: la solidarité.

Est-il encore pertinent d’attribuer des bourses sans engager la responsabilité des apprenants ? Parlons en termes d’Apprenants… parce que l’actuel système est discriminatoire. Ne prenant pas souvent en compte le financement des gabonaises et gabonais hors circuit universitaire. Et, donc, ceux dans des centres de formation tout aussi utiles au pays. Point de sot métier. Et tout le monde ne pourrait finir “universitaire”.

Il est proposé de passer à un système de “crédits-études”.

Chaque apprenant gabonais devrait bénéficier d’un prêt tiré d’un fonds à mettre en place comme le propose Raymond Ndong Sima depuis deux ans au moins.

A partir de ce moment, ce n’est plus le coût moyen de l’étudiant ( 20 ou 40 millions que pèserait l’apprenant) qui est pertinent, mais la qualité de son projet académique, son opportunité par rapport aux besoins économiques du pays (les domaines scientifique et industriel, les nouveaux services à forte valeur ajoutée), le taux de pénétration au vu des débouchés et la solvabilité de l’apprenant dès son premier emploi afin de pouvoir rembourser et soutenir l’autofinancement du Fonds d’études pour les générations suivantes.

Tout comme il coûterait moins cher à l’Etat de construire des universités selon les standards internationaux, suivant le modèle de la proximité (déplacer des étudiants des provinces pour Libreville a un coût multiforme et participe à un exode rural dont les conséquences aux plans urbain, social, financier et économique se passent de commentaires) en choisissant de maintenir une forte majorité des apprenants sur le territoire national.

Suivant cette logique, susciter un flux d’entrée d’étudiants issus de la sous-region. Quitte à “importer” des enseignants en provenance d’universités de renom. Car, n’est-il pas préférable que 5000 étudiants sur le territoire bénéficient des enseignements d’un professeur de Harvard quand, habituellement, l’Etat fait le choix d’envoyer une portion de gabonais à l’étranger ? Et nous savons par quelles voies de sélection “transparentes” se font les tris. Pardi !

Parce que l’aide apportée par l’état ne doit pas être un droit sans contrepartie. Ne doit pas s’assimiler à de la “pitié” sous prétexte qu’on serait issu de familles “modestes ou pauvres”. Cet argument manque de sérieux.

L’Éducation doit pouvoir bénéficier à ce titre du premier poste de dépenses d’investissement. Environ 16%. Ratio allant crescendo pour atteindre 18% en fin de mandat. ( In “Le temps des choix. 2016 et au-delà” de #RNS, page 115).

Le crédit pour financer ses études permet de responsabiliser l’apprenant et invite à une meilleure traçabilité des sommes décaissées.

La bourse ne doit pas venir financer des fonds de commerce au quartier, le trousseau de l’enfant, l’achat d’un clando, la construction de son studio ou l’ouverture d’un salon de coiffure. Bien que ces activités soient des moyens de capitalisation, elles détournent les premiers objectifs assignés à une telle allocation. Ce qui n’est pas acceptable puisque d’autres lignes budgétaires sont censées encourager l’entrepreneuriat.

Dans la Paix du Fils de l’Autre.

Meboon Môôn Meba Ondo

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