dim. Sep 15th, 2019

#DroitDeRéponse | L’Alliance Patriotique : une offre politique qui se démarque du « Bongo-PDG-Myboto-Ping » ?

Au cours de la Conférence de presse qu’il a tenue samedi à Libreville devant une trentaine de médias, Raymond Ndong Sima, ancien candidat à la Présidentielle de 2016 et ancien Premier Ministre, a fait  une offre politique nouvelle et réaliste à ses compatriotes. Celle-ci intervient dans un pays où la bipolarisation organisée de la vie politique écarte toute idée de reformes. Les acteurs dits majeurs de cette vie politique ayant choisi délibérément d’enfermer l’ensemble de leurs partisans, militants et tout le peuple dans un conservatisme qui permet de maintenir au pouvoir les héritiers d’un système politique « Bongo-PDG-Myboto-Ping » dont ils tirent profit depuis plusieurs décennies.

CE BILAN QUE PERSONNE N’A EU LE MÉRITE DE FAIRE AVANT RNS 

L’organisation faussée de l’élection, la défaillance des Institutions de la République, le choix de stratégies douteuses, l’échec de l’opposition, le refus des réformes par le régime qui se maintient au pouvoir, le « monologue élargi » et la détérioration du climat politique nourri par l’invective et la désinformation. Voilà un bilan très peu reluisant de la vie politique gabonaise.

Au fil des mois, quelques acteurs politiques ont énoncé ou dénoncé les maux et les échecs qui ont contribué à rendre difficile le « Vivre-ensemble », mais qui, surtout, ont pollué l’environnement et le débat dans un pays où pourtant l’aspiration au changement est sans doute la chose la mieux partagée par une grande partie de la population.

Il faut cependant reconnaître à Raymond Ndong Sima le mérite d’avoir fait ce samedi un bilan global d’une situation politique qui vire au chaos depuis plus d’un an. Encore que.

Bien avant, alors qu’il trônait encore à la Primature en tant que Premier Ministre, le même sens pour l’intérêt général l’animait. En effet, le 10 juillet 2012 dans le quotidien Gabon Matin, un communiqué signé du Premier ministre, Raymond Ndong Sima, appellait à une concertation nationale sur la gouvernance politique, économique, sociale et démocratique du Gabon au courant du mois de septembre suivant ( Lire – Gabonreview : L’appel de Ndong Sima pour une lessive “en famille” des problèmes du Gabon ) :

Communiqué 

«Population, (usagers du service public), élus nationaux ou locaux, agents de l’État, institutions de l’État, société civile, secteur privé, corps intermédiaires et prescripteurs d’opinion» sont invités, à travers ledit communiqué, à des assises visant : «1- à poser un diagnostic de la gouvernance politique, économique, sociale et démocratique de notre pays ; 2- à assurer l’adaptation de l’État au contexte économique et social au regard de la demande croissante de nos concitoyens en faveur d’une gouvernance de qualité ; 3- à assurer la simplification de ses procédures, la transparence de sa gestion et l’accessibilité à ses services.» Le but ultime, précise le communiqué est de «donner à la politique de l’Émergence un instrument moderne, efficace et performant pour la réalisation des trois piliers du programme du Président de la république, chef de l’État, «l’avenir en confiance» que sont : le Gabon vert, le Gabon industriel, et le Gabon des services».

Fin de citation.

Evidemment, et pour revenir à la conférence du weekend écoulé, les réactions n’ont pas tardé. Le reproche le plus abouti qui a été fait ces dernières heures au quatrième de la présidentielle, si l’on s’en tient aux chiffres validés par la Cour Constitutionnelle, est celui d’avoir gardé le silence une année entière avant de s’exprimer longuement et de façon responsable sur les faits relevés par lui-même et l’ensemble des observateurs de la vie politique gabonaise.

A cela, il faut répondre que RNS a le droit de prendre du temps dans un environnement où chaque mot est susceptible d’être manipulé et expliqué en dehors du contexte dans lequel il a été fixé sur du papier. L’homme a pris le recul nécessaire de sorte que le bilan qu’il a dressé il y a quelques heures est suffisamment exhaustif au point qu’il clôt définitivement certains débats inutiles et rend caducs certains espoirs et combats dont sont nourris des citoyens désabusés à qui l’on fait croire encore que l’élection n’est pas terminée ( Lire – #InEdito | Rentrée politique de Raymond Ndong Sima: Situation politique, 3ème Dialogue et Nouveau Parti ).

ALLER DE L’AVANT

L’élection est bel et bien terminée. C’est sans doute pour « la coalition au pouvoir », dirigée par le tandem Ping-Myboto, la vérité à ne pas partager avec leurs militants et sympathisants alors que, dans le même temps, la « galaxie de l’émergence » jubile ! Puisque n’ayant pas en face d’elle une force contraire capable de lui opposer des arguments susceptibles d’influencer la marche de l’Histoire.

C’est aussi là le signe que Raymond Ndong Sima est un homme courageux. Tout en soulignant sa contribution à l’échec collectif de l’opposition plurielle ( Lire – Gabonreview | Raymond Ndong Sima : L’opposition a échoué pour cause de stratégies douteuses ), il intègre dans son projet de vie qu’il faut désormais passer à autre chose, Ali Bongo étant installé et reconnu par la communauté internationale et les Institutions constitutionnelles comme le chef de l’Etat du Gabon.

« Aller de l’avant » est une expression si simple et qui, au fond, est révélatrice de la force intérieure d’un homme ou d’un groupe d’hommes désabusés mais enclins à changer le cours de leurs vies. L’avenir se trouvant devant.

Or, à cela se refusent des leaders d’opinion qui mesurent pourtant la gravité des faits qui ont conduit à l’échec de l’opposition et à la confiscation du pouvoir par un régime visiblement décidé à ne pas céder la moindre parcelle de son autorité à qui que ce soit qui ne lui est pas favorable. Ceux qui de l’opposition ont choisi d’entrer dans le gouvernement ou les Institutions ont ainsi rompu avec la contestation. Ils sont désormais dans le pouvoir et ne représentent en aucun cas l’opposition, quelle qu’elle soit. Pour eux, d’une certaine façon, l’élection est terminée. Ils ont tout aussi, et à leur manière, choisi d’aller de l’avant.

Pour ceux et celles qui considèrent alors qu’il n’est pas question de s’aligner derrière Ali Bongo et d’entrer dans les arcanes de son pouvoir, il faut également « aller de l’avant ».

Pour Raymond Ndong Sima, « aller de l’avant » est un mouvement que la pensée, l’intelligence, l’esprit et le corps doivent faire ensemble. C’est un mouvement que ceux et celles qui sont capables de prendre la mesure de leurs responsabilités vis-à-vis de l’Histoire doivent faire : l’élection est terminée et il faut aller de l’avant.

Cette démarche n’est pas sans doctrine. En homme moderne, il a commis deux ouvrages.
Quel-renouveau-pour-le-Gabon-
Le premier, « Quel renouveau pour le Gabon?« , paru en mars 2015, expose des réponses claires à ceux qui lui reprochent maladroitement de ne guère s’attaquer « frontalement » à Ali Bongo Ondimba.

Il répondra que la politique n’est pas une affaire de personnes. D’où sa démarcation du mouvement politique bipolaire: « Bongo-PDG-Myboto-Ping ». A cela, il oppose et propose une critique plutôt rigoureuse sur les mécanismes qui retardent la machine de notre pays.
le temps des choix

Puis, dans un second, « Le Temps des Choix 2016 et au-delà « , publié quelques semaines avant l’ouverture de la campagne présidentielle 2016  – le 8 juillet 2016 exactement-, il propose, sur cinq axes, les perspectives qui sont d’ailleurs au fondement du projet et de l’offre politique qu’il a réitérée à l’endroit des gabonaises et des gabonais le weekend dernier. 

 

POUR L’ALLIANCE PATRIOTIQUE 

Clôturant son propos lors de ladite conférence de presse, Raymond Ndong Sima pointait l’horizon commun en ces termes :

Logo Alliance« J’invite tous ceux et toutes celles qui souhaitent préparer de façon rigoureuse une offre politique sérieuse et crédible pour les prochaines échéances, à se joindre à moi pour construire un nouveau parti politique qui travaillera sérieusement à l’élaboration de solutions solides en phase avec les aspirations de la population et ouvert au débat ». 

Lorsque l’on a dressé un bilan, de façon aussi objective comme samedi dernier à la Chambre de Commerce de Libreville, il faut pouvoir tirer des conclusions et faire une offre attrayante de sorte que l’espoir suscité trouve une réponse. Ce n’est pas la première fois que RNS invite les Gabonais et les Gabonaises à créer un mouvement politique responsable pour l’avenir (Lire – Gabonreview : Présidentielle 2016 : L’appel de Ndong Sima pour une «alliance patriotique»).  Cette offre tire sa genèse bien avant  les élections 2016.

Au moment où la « Realpolitik » rattrape l’ensemble de la classe politique, cette offre est une alternative à la bipolarisation orchestrée par la « Galaxie de l’Emergence » et la « Galaxie de l’opposition » qui se sont employés depuis plus d’une année à faire en sorte que ce soit autour d’eux et autour d’eux seulement que se décident l’avenir de tout un peuple.

Quid de la moitié du corps électoral qui ne se rend plus devant les urnes ? Que pensent toutes ces gabonaises et gabonais finalement dégoûtés par une classe politique qui peine à promouvoir des valeurs d’une moralisation de la vie publique et politique ? Que pensent tous ces observateurs silencieux, pourtant méritants, qui se mettent à l’écart en  abandonnant notre pays à ce qui s’assimile à des querelles de personnes et d’héritage tantôt personnel, tantôt politique sur un Parti Démocratique Gabonais qui se mue, change de nom dans l’opposition tout en gardant les mêmes réflexes ?

L’appel de Raymond Ndong Sima trace une troisième voie. Celle qui doit apporter à la vie politique nationale un vent nouveau. Cette troisième voie va consacrer l’intérêt des Gabonais pour les Gabonais et le Gabon. C’est avec elle que la réforme de l’appareil judiciaire sera possible, que la nécessité de la réduction de la taille de l’Etat sera considérée à sa juste valeur, que le rétablissement des équilibres macroéconomiques nécessaires à une croissance durable sera envisageable, que les normes d’une solidarité nationale seront définies et que l’intégration sous-régionale essentielle pour l’avenir sera sereinement abordée.

Cette troisième voie va privilégier le débat public sur des questions primordiales pour le vivre-ensemble et faire la promotion de l’équité et de la responsabilité citoyenne. Tous ces combats patriotiques et nationalistes qui ont été relégués au second plan depuis des décennies par ceux et celles qui ont privilégié le débat politicien garantissant leurs intérêts dans un système politique qu’ils ont construit et qu’ils n’ont pas intérêt à voir disparaître. Conservatisme égoïste oblige.

Sampérode MBA

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