dim. Oct 20th, 2019

#InEdito | Rentrée politique de Raymond Ndong Sima: Situation politique, 3ème Dialogue et Nouveau Parti

Ce samedi 23 Septembre 2017 se tenait à la Chambre de Commerce de Libreville, la conférence de presse annonçant la rentrée politique de l’ancien candidat à la Présidentielle Raymond Ndong Sima. Une prise de parole publique effectuée un an après la dernière du 2 septembre 2016 appelant à l’apaisement, suivant les troubles post-électoraux, et à l’annulation d’un scrutin qu’il avait déjà jugé biaisé.

DÉCLARATION DU 23 SEPTEMBRE 2017

A l’ouverture, RNS, affectueusement appelé, a invité l’auditoire et les médias à observer une minute de silence suivant le dramatique accident de Kango qui a récemment arraché sept (7) de nos compatriotes à la vie.

FINAL RNS CONFERENCE (1)

Le propos in extenso est disponible sur la page Facebook Officielle Raymond Ndong Sima:

Extrait:

Voici le texte intégral de ma Conférence de presse de ce jour, 23 septembre 2017, à la Chambre de Commerce de #Libreville.

Mesdames et messieurs Bonjour,

Merci d’être là pour cette conférence de presse qui sera aussi celle de ma première prise de parole publiquement depuis la fin des élections il y a maintenant un an. J’ai décidé de m’adressez à vous ce matin, après un an de silence, pour donner ma lecture de la situation politique du pays. Cette prise de parole intervient par ailleurs au lendemain d’une décision du parlement européen sur la situation politique dans notre pays.

Je sais que depuis deux ans maintenant, l’outrance, l’invective et l’injure tiennent lieu de débat politique en lieu et place de la contradiction qui permet d’opposer des arguments à d’autres arguments. Une telle pratique donne à penser que la classe politique gabonaise est en mal d’arguments. J’espère ce matin exposer ma position et me prêter aux questions de ceux qui voudront en poser.

Pour introduire mon propos, je commencerai par un incident survenu le mercredi 6 septembre dernier, au moment de remplir les formalités de police en vue de mon départ pour l’Europe. Ainsi que les réseaux sociaux s’en sont fait l’écho, j’ai été retenu presque une heure par les agents de la police de l’air et des frontières, sans explication particulière, à l’entrée du couloir de ce service.

C’est en descendant de l’avion que j’ai appris que cet événement avait fait les choux gras de plusieurs internautes après la diffusion de ma photo, sac au dos, attendant la décision de la police et les commentaires qui en ont été faits. Mon attention a été attirée par la convergence de satisfaction entre un membre connu de la galaxie des émergents et un « faker news » de la coalition de l’opposition.

Le premier a tenu à remercier le président de la République de m’avoir fait débarquer d’un vol international c’est à dire, d’avoir ordonné la violation de mes droits civiques. Cette réaction était pour le moins déconcertante mais révélatrice d’une animosité qui guide depuis un bon moment une partie de sa famille politique dans laquelle, au demeurant, on est coutumier des encouragements à l’erreur.

L’autre fine lame à la pointe du combat pour l’alternance dans la coalition, a fait étalage de ses contradictions et de celles de sa famille politique en se réjouissant du déni de droit dont j’ai fait l’objet, acceptable à ses yeux et à ceux de ses amis parce que survenu à un individu qui ne partage pas leurs convictions politiques.

Convergence fortuite des appréciations ou expression profonde de leur vrai positionnement idéologique et de leur rapport à la démocratie ? Cette convergence en apparence anodine, renvoie en réalité au vrai clivage de la classe politique gabonaise dans laquelle la ligne de démarcation entre les uns et les autres est celle qui sépare les conservateurs des réformateurs.
Qu’avons nous ? […]

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Lire l’intégralité en suivant ce lien : [Discours intégral]

Télécharger en Fichier PDF :

Conférence de presse RNS

Pour visualiser la vidéo intégrale de la Conférence, suivre ce lien du direct par Gabon Media Time 
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VERS UN NOUVEAU DIALOGUE ? 

Extrait II : SORTIR DE L’IMPASSE

Tout le monde s’accorde à reconnaître que la situation du pays reste relativement tendue alors que l’élection est terminée depuis un an maintenant. De nombreux incidents ont continué à se produire poussant chaque jour le pays un peu plus au bord de situations aventureuses. Comment se sortir de ce mauvais et renouer avec un vivre ensemble raisonnable ?

II.1. Un effort de retenue collective :

Le pays est englué dans une impasse dangereuse. Pour en sortir il faut simultanément que :

1. Le pouvoir en place admette qu’il a essuyé un désaveu majeur. Si les résultats avaient été probants, la contestation n’aurait pas été aussi forte. Il est clair qu’une partie des choix qui ont été opérés pendant le premier septennat et plus généralement la gouvernance de ce premier mandat n’ont pas convaincu. Les artifices et autres astuces de la CENAP, des autres instances en charge des élections, ont permis de garder le pouvoir mais de toute évidence dans un climat de grande défiance.

2. L’opposition admette qu’elle a échoué pour cause de stratégies douteuses à faire triompher une alternance nécessaire. En partant des chiffres tout à fait contestables retenus au terme de cette élection, il est clair que le faible taux de participation a reflété la faiblesse de l’offre politique c’est à dire la faible pertinence des solutions portées par l’opposition pour donner une autre trajectoire au pays. A titre d’illustration, dans les deux provinces de l’Estuaire et de l’Ogooué Maritime qui concentre 52% des électeurs, 47% seulement se sont déplacés pour aller voter.

3. Qu’un geste d’apaisement soit fait en libérant les prisonniers détenus pour des raisons politiques, ce que j’avais déjà demandé dans ma lettre au Président de la République le 8 novembre 2016 relative à l’organisation du dialogue auquel il appelait.

II.2. Une proposition raisonnable :

Partant de cet effort de retenue collective, l’intérêt national commande d’admettre que le dialogue politique s’impose comme un passage obligé sans lequel, nous pourrions de nouveau être confrontés aux mêmes écueils lors des prochains scrutins.

Dans l’idéal, la sagesse aurait été de reprendre le scrutin. C’est cette solution qui avait de loin ma préférence et que j’ai rappelée dans mon appel au calme le 3 septembre 2016. C’est un euphémisme de relever que le pays a enregistré de très fortes secousses à l’occasion de cette élection. En cause, la fiabilité des résultats et, plus largement, celle de la crédibilité du processus électoral. Pour préserver le pays d’une crise dans laquelle il pourrait s’enliser durablement en raison du mécontentement d’une partie de la population, ou bien d’une insécurité dissuasive pour les investisseurs privés intérieurs ou extérieurs qui conduirait à une forme d’instabilité, et faire des économies en vies humaines comme en biens matériels, il est primordial qu’un vrai dialogue national politique qui inclura toutes les parties prenantes, voit le jour sous l’égide des Nations Unies.

Les premiers acteurs concernés devraient en être les candidats qui auront pris part au scrutin auxquels se joindraient les partis politiques et la société civile non encartée ainsi que les confessions religieuses.

Il est primordial que son cadre soit spécifié et que la forme comme le statut des conclusions des travaux soient précisés à l’avance pour asseoir sa crédibilité. En clair il faut préciser si les conclusions s’imposeront et se traduiront par des actes législatifs, réglementaires ou administratifs ou bien s’il s’agira de simples recommandations.

Sur le plan méthodologique, il conviendrait d’une part, d’inviter formellement les parties prenantes à déposer auprès des modérateurs retenus un mémoire en deux parties dont la première sera consacrée au diagnostic et la seconde destinée à l’énoncé des réformes suggérées ; d’autre part, de désigner deux personnes appelées à les représenter au sein de la commission à créer pour abriter ces travaux. La synthèse de ces mémoires devrait ainsi permettre d’identifier les grands thèmes et les sous-commissions à mettre en place en conséquence.

Cette relance du dialogue est par ailleurs conforme à la résolution de l’Union Européenne qui avait dépêché une mission d’observation à ce scrutin et qui a confirmé le 14 septembre dernier son appréciation négative de ce processus électoral en votant à son parlement une résolution qui condamne ledit processus.

VERS LA CRÉATION D’UN NOUVEAU PARTI

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Extrait III : Un regroupement des forces patriotiques :

Tenant compte de cette regrettable histoire politique récente, il me paraît raisonnable de réitérer mon offre politique parce que le pays a besoin de mieux.

J’invite tous ceux et toutes celles qui souhaitent préparer de façon rigoureuse une offre politique sérieuse et crédible pour les prochaines échéances, à se joindre à moi pour construire un nouveau parti politique qui travaillera sérieusement à l’élaboration de solutions solides en phase avec les aspirations de la population et ouvert au débat contradictoire.

Dans la situation de grave crise économique et sociale qui nous menace, il est essentiel :

1. de réformer en profondeur notre appareil judiciaire pour en accroître l’efficacité ;

2. réduire la taille de l’Etat pour dégager des économies budgétaires ;

3. rétablir les équilibres macroéconomiques nécessaire à une croissance durable ;

4. définir et préserver les bases de la solidarité nationale ;

5. accroître notre intégration dans la sous région.

Tel est mon credo. Tel est l’exercice auquel je vous invite à travailler pour préparer une autre perspective, un autre futur.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de m’écouter.

#RNS

Pour toute information supplémentaire, appelez au +241 02 42 96 65.

 

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