lun. Juil 15th, 2019

#DroitDeRéponse – Firmain Ollo Obiang a raison: Jean Ping n’a pas (encore) eu de regrets sincères sur AMO !

Vendredi 28 Juillet 2017, Jean Ping affirmait avoir des regrets dans une interview publiée par Gabonreview en réponse à une polémique née d’une autre préalablement relayée par JeuneAfrique. La démarche est étonnante pour une personnalité qui aspire aux plus hautes fonctions de l’Etat, au point de faire planer un doute auprès du responsable du Mouvement des Jeunes de l’Union Nationale : parti auquel appartenait André Mba Obame.

AVANT FIRMAIN OLLO

L’interview intitulée : Gabon – Jean Ping : « Je me battrai jusqu’à la mort », parue dans JeuneAfrique No 2950 du 23 au 29 Juillet 2017, et désormais disponible sur le site en ligne du média, faisait naître une vive polémique sur les réseaux sociaux. En effet, Jean Ping y affirme que :

– “Mba Obame a essayé de se rabibocher avec Ali, mais ce dernier a refusé. On aurait pu assister à ce que l’on avait vu avec Paul Mba Abessole du temps d’Omar Bongo Ondimba. Abessole avait accepté, sous la pression, de venir à la table des négociations et était devenu vice-Premier ministre.”

Ce qui n’a pas plu aux sympathisants de l’ancien leader de l’Union Nationale aujourd’hui pourtant parmi les soutiens de Jean Ping. Une déclaration qui a été traduite comme une tache d’huile noire sur la mémoire de “AMO”, affectueusement appelé.

Tellement, Gabonreview avait dû commettre un article [Rapprochement AMO-ABO : Jean Ping crée la polémique] qui reprenait, le mercredi 26 Juillet 2017, le coup de gueule d’un autre jeune militant de l’Union Nationale, Ballack Obame :

«Tu n’as pas le droit de vilipender ou d’insulter la mémoire d’AMO, l’homme qui a donné sa vie pour ce pays.[…] Le président élu a manqué l’occasion de se taire».

Deux jours plus tard, et alors que les réseaux sociaux s’interrogeaient sur le silence du Parti de l’ancien leader et, notamment, celui de ses proches, une interview viendra essayer de taire la polémique sur le même site [Gabonreview -Propos sur AMO : Jean Ping exprime ses regrets]. Jean Ping y déclare :

– “Je voudrais profiter de cette tribune que vous m’offrez pour dire à tous ceux qui ont pu être choqués par la mauvaise traduction de ma pensée la peine que j’éprouve et exprimer mes profonds regrets. Ces regrets s’adressent particulièrement à la famille d’André Mba Obame qui a toujours su apprécier à sa juste valeur la qualité des rapports que j’entretenais avec lui ainsi que mon attachement à la mémoire de l’illustre disparu. Ces regrets s’adressent également à sa famille politique qui a du être heurtée par cette mauvaise traduction.

Tout mon souhait aujourd’hui est que cette mauvaise polémique prenne fin.”

Notons cependant que Mike Jocktane, qui se réclame comme ancien proche de AMO, avait fustigé les propos de Jean Ping dans une tribune publiée sur sa page Facebook. Ailleurs, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ancien proche d’AMO, se contentait étonnamment d’un lapidaire: “Ceux qui savent ne parlent pas.” Lui dont la virulence  ne s’était pas faite prier à l’endroit de l’actuelle Ministre Estelle Ondo: dans le conflit d’exclusion qui l’opposait à l’Union Nationale [lire – #DroitDeRéponse – La ministre Estelle Ondo démissionne de l’Union Nationale : « Parti familial et tribaliste » !].

A se demander laquelle des deux situations est plus grave ? Entre des propos choquant nombre de militants sur la mémoire d’un Mba Obame qui ne peut plus se défendre. Car, parti. Et le galimatias judiciaire entre dame Estelle Ondo et son ancien parti ?

Tous ces deux acteurs semblaient se réjouir, comme les proches de la Famille du défunt, des regrets au rabais exprimés par Jean Ping sur un média autre que JeuneAfrique “incriminé”. Celui qu’il dit avoir sorti sa pensée de son contexte ? Et l’exercice d’un droit de réponse alors ?

UNE RÉPONSE INDIGNE

Ce montage pour calmer la polémique via Gabonreview est indigne de celui qui veut présider aux destinées de la République Gabonaise. Et on s’étonne que la Famille biologique et les anciens compagnons de route de AMO se contentent d’une telle légèreté. Par calcul politicien ?

De façon classique, lorsqu’un média porte atteinte à la réputation – c’est le cas de Jean Ping, si on s’en tient à ses regrets – ou à l’honneur d’un individu, la personne qui s’estime lésée adresse un droit de réponse au média. Disons, un droit de rectification pour être plus précis au vu de la situation présente.

Bien que Jeune Afrique officie sous la bannière d’un hebdomadaire international, il tombe sous le coup des lois en vigueur dans les pays où il apparaît sous la rubrique des “organes de presse étrangers.”

A ce titre, la loi No 19/2016 portant Code de la Communication en République Gabonaise est claire en ses articles suivants :

  • Article 89 :  Est considéré comme organe de presse étranger, tout support d’information publié et édité en dehors du territoire national.
  • Article 90 : L’importation et la distribution des supports d’information étrangers sont libres en République Gabonaise, sous réserve du respect des lois et règlements en vigueur […].
  • Article 91 : L’éditeur de l’organe de presse étranger reste seul responsable des contenus de sa publication.

Fin de citation.

Vu ce qui précède, Jean Ping , ou l’équipe de communication ayant pris le raccourci de s’exprimer sur un site en ligne national, aurait été mieux inspiré en saisissant directement la direction de Jeune Afrique basée à Paris pour la publication d’un droit de réponse et, surtout, de rectification.

Sous couvert des dispositions du même Code qui exige que “les informations publiées par les organes de presse écrites doivent respecter les droits et la dignité d’autrui (Art. 87)”, tout en encadrant l’exercice du droit de réponse ou de rectification dont la diffusion est gratuite (Art. 12). Sous une prescription par trois mois à compter de la date de diffusion du contenu jugé litigieux (Art.13).

Le parallélisme des formes étant inégal, si l’on se contente d’une interview sur Gabonreview. Parce que Jeune Afrique est d’abord un hebdomadaire édité physiquement en magazine papier, et vendu en kiosque. Avant de permettre un libre accès de ses articles sur son site en ligne. Or, notre Gabonreview national ne navigue que sur la toile. Pas sûr que tout le lectorat ayant eu accès au propos d’un Mba Obame qui voulait se rabibocher avec Ali Bongo ait visité ce site. De Dakar à Paris en passant par Cotonou.

DES PRÉCÉDENTS EXISTENT

En novembre 2016,  et suite à la publication d’un article au sujet de l’adjudant Gaston Coulibaly, François Compaoré, le frère de l’ancien chef de l’État burkinabè  avait fait parvenir un droit de réponse à Jeune Afrique [Droit de réponse de François Compaoré à Jeune Afrique].

Ailleurs et bien avant, dans son No 2697 du 16 au 22 septembre 2012, l’hebdomadaire “taclait” le footballeur Camerounais Samuel Eto’o dans un dossier intitulé : Afrique : foot, fric et frasques.

L’international camerounais avait alors dû faire valoir son droit de réponse dans la version physique de Jeune Afrique, comme le relate,  en Octobre 2012, le site journalducameroun.com [ Droit de réponse: Eto’o répond à Jeune Afrique].

Eto

Voici ce qui est fait dans l’art, et la norme journalistique en considération des dispositions légales. Loin des montages politiciens à la Gabonreview dont le traitement d’une certaine actualité revêt, semble-t-il, un caractère militant faisant penser à de la “manipulation de l’opinion publique.”

Autrement, Jean Ping fera-t-il publier un droit de réponse (ou de rectification) en bonne et due forme pour rester conforme à l’esprit de ses regrets, et rassurer  Firmain Ollo Obiang qui affirmait dans un propos sur sa page Facebook:

“Le pardon qu’ on demande sans humilité et sans véritable regret ne s’ignore pas. Au lieu que de s’excuser comme le ferait un homme humble, notre élu nous accuse d’une mauvaise compréhension. Il est indiscutable que c’est plutôt le rapprochement qu’il fait avec la relation regrettable entre Mba abessolo et Bongo qui traduit au mieux sa pensée. Ping aurait mieux fait d’assumer ses propos plutôt que de les déformer au point de penser que ce justificatif n’émane pas de lui.

Pierre Mamboundou et André Mba Obame ont lutté jusqu’à laisser leur vie pour la libération de notre pays. De ce fait que le combat continue ou qu’ il s’arrête, le peuple gabonais dans sa majorité,ne permet à personne de dire du n’importe quoi sur leur mémoire.

Justifiez vous aussi sur Paul-Marie Gondjout que vous semblez ignorer au point de le couvrir d’injures. Faites autant à Eyegue Ndong qui , selon vous , parle sans savoir ce qu’il dit. Quand on ne sait pas gérer sa langue le silence reste le meilleur choix. Si les gens disent du bien de vous pour vous plaire alors que vous faites du mal , je n’ai rien à gagner dans cette hypocrisie.

L’UNION NATIONALE n’est pas à la coalition pour votre mépris et vos injures en attente de justification, nous y sommes pour le GABON.”

A chacun d’en juger sur la base des faits qui précèdent.

Meboon Môôn Meba Ondo

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