#DroitDeRéponse – La ministre Estelle Ondo démissionne de l’Union Nationale : “Parti familial et tribaliste” !

L’actuelle Ministre de l’Économie forestière, de la pêche et de l’Environnement, nommée lors de la composition du premier gouvernement du 03 octobre 2016, celui marquant les débuts du second septennat sous le Président Ali Bongo, a déposé sa démission auprès de l’Union Nationale.

Originaire d’Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, Estelle Ondo était jusqu’à lors 5ème vice-présidente de l’Union nationale. C’est le point de chute d’un long combat notamment judiciaire qui l’a conduite à contester une tentative d’exclusion initiée au lendemain de sa nomination au gouvernement. Jugée abusive et illégale, elle contestera ladite décision d’exclusion suivant les statuts du parti. Elle trouvera raison dans le jugement rendu le  5 juillet 2017 par le Tribunal de Première Instance de Libreville.

AVANT LA DÉMISSION : RÉCIT DES FAITS ?

“Le tribunal a tranché, Ondo Estelle n’est pas exclue du Parti. « En l’état actuel du dossier, Dame Ondo Estelle jouit de toutes ses qualités de 5ème Vice-Président de l’Union National.”

C’est ce qu’il faut retenir en substance du jugement qui a été rendue le 5 juillet 2017 par le Tribunal de Première Instance de Libreville.

Pour rappel, à la faveur de son entrée au gouvernement en date du 03 octobre 2016, Dame Ondo Estelle avait été exclue par une procédure aussi cavalière qu’irrégulière.

En effet, dès le 05 octobre 2016, le Secrétaire Exécutif du Parti avait pondu un communiqué prétendant que le Bureau National s’était réuni à l’issue duquel il aurait condamné l’entrée au gouvernement de Dame Ondo Estelle. De ce fait, il aurait décidé de discipline.

Lui emboîtant le pas, le Président MYBOTO avait, unilatéralement constitué ce conseil de discipline en violation flagrante de l’article 11 du règlement intérieur du Parti.

La décision rendue par ce conseil de discipline, composé non pas de 11 personnes comme l’exige l’article 11 susvisé, mais uniquement de 6 personnes, était un ‘’passage en force’’ pour prononcer son exclusion.

Alors que cette décision prétendument rendue le 15 décembre 2016, ne lui avait jamais été notifié, des membres de l’Union Nationale se sont lancés dans une longue campagne médiatique de dénigrement contre Dame Ondo Estelle.

Devant l’obstination de certains radicaux de son Parti à la dénigrer au sein de l’opinion publique, elle avait porté l’affaire sur le terrain judiciaire.

A l’issue d’une première audience, le Tribunal avait rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l’Union Nationale tirée du caractère prématuré de son recours.

Instruisant l’affaire quant au fond, le Tribunal pour sa part, retient que l’Union Nationale dispose de statuts et règlement intérieur.

Dès lors, il invite toutes les parties à se soumettre à ses différents textes.

D’ailleurs, précise-t-il dans sa décision, Dame Ondo Estelle est encore, en l’état actuel de la procédure, membre de l’Union Nationale et donc son 5ème Vice-président.

Le Tribunal conclut en définitive au renvoi de toutes les parties devant les instances du Parti pour qu’il soit jugé du recours régulièrement introduit par Dame Ondo Estelle devant le Bureau National conformément aux dispositions statutaires du parti.

Ce recours suspensif par essence empêche les instances de l’Union Nationale de se prévaloir de toute décision d’exclusion de Dame ONDO Estelle qui demeure 5e vice-président du Parti avec les droits et obligations attachés à cette fonction.
(Source)

UNE DÉMISSION SUR LES CINQ COMMANDEMENTS DE L’UNION NATIONALE ?

Dans une lettre datant du 24 Juillet 2017  à l’attention du Président du Parti, dame Estelle Ondo rappelle les motifs de son adhésion à l’Union Nationale avant de dresser le constat des “cinq (5) commandements” à l’origine de sa démission.

Ayant intégré la famille politique de l’ancienne Sobraga suivant l’élection controversée du 30 août 2009, sous l’impulsion de l’Espérance portée par André Mba Obame, l’ancienne vice-présidente devenue dit avoir rêvé ” d’un parti ouvert aux débats et respectueux de ses statuts et règlement intérieur”.

“Huit (8) ans après, où en sommes-nous?”, se demande-t-elle ?

S’adressant au Président du Parti, Zackarie Myboto, elle énonce les cinq raisons principales justifiant son action :

UN PARTI AUTOCRATIQUE : “Aujourd’hui, au sein de l’Union Nationale, lorsqu’on dit que “le parti n’a pas donné son accord”, c’est plutôt une façon détournée de dire que le Président du Parti n’a pas donné son accord.”

UN PARTI FAMILIAL : “Aujourd’hui, vous le gérez avec votre fille, votre beau-fils, vos neveux et tous ceux qui, malgré eux, se soumettent à cette gestion patrimoniale du Parti.”

UN PARTI VICIEUX ET MALICIEUX : “De même, il n’aura échappé à personne que vous avez, avec votre famille, utilisé régulièrement le Parti pour faire pression à notre prétendu homme à abattre (Ali Bongo Ondimba?) pour espérer conclure des petits arrangements avantageux pour vous au détriment du Parti.”

UN PARTI TRIBALISTE ET DISCRIMINATOIREMENT RÉPRESSIF : “En effet, tout le monde sait que l’une des raisons profondes pour lesquelles vous ne vouliez pas de la candidature de Monsieur OYE MBA repose essentiellement sur ce critère ethnique car c’est bien connu que vous êtes un apôtre de cette loi non écrite qui enseigne “Tout sauf les fangs”.

UN PARTI DE RÈGLEMENT DE COMPTE : “Face au simulacre Conseil de discipline devant lequel j’ai été irrégulièrement traduite, j’ai saisi avec succès le Tribunal de Première Instance de Libreville. Sa décision est claire: “ONDO Estelle demeure vice-présidente de l’Union nAtionale.” Pendant que je m’attendais légitimement à recevoir une lettre d’excuse de la direction du parti, je reçois plutôt une nouvelle convocation  à me rendre devant le bureau national le Jeudi 27 Juillet 2017 à 15h30mn.”

Démission de Estelle ONDO de l’Union Nationale : Lettre à télécharger ici

@241DDR

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