dim. Oct 20th, 2019

#241DDR – Jean Ping ou la « Dégonflada » entre deux discours démagogiques : 27 novembre 2016 et 25 Juillet 2017

Avant-hier, Jean Eyéghé Ndong nous a promis une Remontada. Mais, hier, quelle déglonflada ! Simplement: un Citoyen est rentré de France en causant embouteillages et troubles à l’ordre public aux alentours de l’aéroport Léon Mba de Libreville. Point de salon d’honneur. Point de prestation de serment. Point  d’escorte vers le Palais Présidentiel. Finalement ? Quelle différence entre le retour d’un Jean Ping un 27 novembre 2016, et celui d’un 25 juillet 2017 ?

ENTRE AVANT-HIER (Novembre 2016)… ET HIER (Juillet 2017)

Avant-hier comme hier, des ressemblances mais, surtout, des décalages entre deux discours lus devant des partisans en l’espace de huit (8) mois seulement. Passons les civilités d’introduction…

Avant-hier, on avait noté le courage d’une mobilisation qui a su « braver la présence massive des forces de sécurité déployées », quand hier, tout semble avoir été fait en bonne entente avec les forces de l’ordre. Enfin presque. Après coup… et hors du discours, on a dénoncé les forces de l’ordre dans leur exercice de maintien de l’ordre, puisque le ministère de l’intérieur dit n’avoir reçu aucune demande visant une manifestation au compte de l’arrivée de Jean Ping ( Lire Gabonreview :Retour de Jean Ping au Gabon : La mobilisation n’a pas été autorisée ). Régression ?

Avant-hier, on avait spécialement remercié les jeunes, les femmes, le comité d’organisation et les membres de la Coalition dans sa pluralité, quand hier, seul Eyéghé Ndong semblait responsable de l’affaire et méritait des applaudissements. Où sont donc passés les Casimir Oyé Mba, Nzouba Ndama et cie ? Est-ce toujours la même Coalition ? Est-il encore objectif de parler de Coalition ? Lorsqu’il ne reste que des actions à l’initiative de Ping pour Ping par Ping ? Régression ?

Avant-hier, on avait salué une certaine diaspora d’Europe et des USA, quand hier, les Franck Jocktane et autres n’existaient plus. D’ailleurs, on n’est pas allé les voir au pays de Donald Trump en dépit des annonces multiples sur les réseaux sociaux. Régression ?

Avant-hier, on avait une pensée pour Bertrand Zibi et Landry Amiang… Hier, on a cru qu’ils étaient enfin libres. Sortis des geôles. Bon, tant que Marceau Malekou et un certain Garde du Corps d’un certain Président s’en sont sortis… Du reste, on s’en fout ?

Tout comme le mépris affiché à l’endroit de Paul Marie Gondjout dans une récente interview ( Lire Gabonmediatime.com: Jean Ping : « Nous avons décidé de mettre le pays en situation  d’ingouvernabilité…» ) au sujet de la posture politique du « Ni Ali Bongo, Ni Jean Ping ». Morceaux choisis:

Mr le Président, les récentes informations inquiètent les gabonais. La dernière en date est là compagne du « ni, ni » qui bat son plein actuellement dans la classe politique gabonaise et qui est notamment soutenu par Mr Gondjout…

Qui est celui là ?

Paul Marie Gondjout vous le connaissez pas Mr le Président ?

Ah ! Oui oui. Alors qu’est ce qu’il a fait ?

Je disais tantôt que Paul Marie Gondjout qui soutient le « ni ni » est accompagné dans cette démarche par Franck Rebella, ancien sénateur de Port-Gentil.  Quelle message lancez vous à l’endroit des gabonais qui sont de plus en plus inquiets par rapport à cette situation ? Par rapport à cette divergence d’avis au sein de la coalition que vous dirigez.

Écoutez ! On va tout entendre dans les temps qui courent. Tout entendre. Des gens qui sont payés pour dire cela, pour faire cela. Est-ce que ce Monsieur a parlé au nom de son parti ou en son nom personnel ? Tout le monde dit que c’est à son nom personnel. Bon en votre nom personnel vous pouvez raconter tout ce que vous voulez, y compris vos rêves les plus profonds et les plus élucubrés. Je ne réagis pas à ce genre de chose.

Mr Jean Ping, en lançant tout de même un regard plat sur les derniers événements nous avons presque la conviction qu’aujourd’hui  la galaxie Ping ne parle plus d’une seule et même voix. Quelle est l’origine de cette dissension ?

Ben… écoutez ça ce sont les vrais questions qu’il faut poser et non les élucubrations d’un Gondjout. C’est ça les vraies questions parce que ce sont des partis politiques aussi, qui nous ont soutenus et qui peuvent avoir des divergences avec moi par exemple.

Fin de Citation

Alors que ce dernier, on se rappelle, était celui qui faisait un scandale public devant le siège de la CENAP en août 2016 au compte du Candidat… Jean Ping. Comme le témoigne cette vidéo publiée sur L’Express.fr : Gabon: « cette élection est un mensonge » ! Quelle belle reconnaissance !

Avant-hier, on avait déjà dit que « ses interlocuteurs durant le voyage étaient attentifs à sa cause ». Hier, on a répété la même chose. Sauf que Jean Ping, comme un prophète ou ce Pasteur d’Eglise dite « éveillée », demandait encore à ses croyants devenus d’être de bons fidèles. Car, la registre politique a abandonné les discours publics au Gabon. De quoi rendre Basile Mve jaloux. On a cru entendre Jean Ping lire la parole de Saint Jean 20, 19-31 : « Heureux celui qui croit sans avoir vu ». Sans poser de questions.

Puisque, dans son exhortation à croire sans préciser les identités des personnalités qu’il dit avoir rencontrées, il faisait la promotion du secret. Moins il en dit, et plus il est cru. Et plus c’est pertinent ! Comme il le dit lui-même à Paul- Marie Gondjont plus haut… On croit rêver ! Quel enfantillage, et robotisation des esprits en 2017 !

Parce que donner des sources permettrait de vérifier ses propos. Car, en Europe, les personnalités publiques communiquent beaucoup. A l’ère du numérique, on a vite fait de vérifier une information sur leurs sites personnels ou ceux des institutions au sein desquelles elles officient. Quand ce ne sont pas leurs comptes adossés aux réseaux sociaux qui en témoignent. Heureusement qu’ils sont peu exigeants ! Ces gabonais… Tels de grands enfants de la Caverne !

Heureusement que Adama Barrow en Gambie n’avait pas attendu onze mois pour révéler clairement aux gambiens ses soutiens internationaux. Président déclaré élu en Décembre 2016, il rencontrait déjà le président français de l’époque, François Hollande et le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako au Mali, le 14 janvier 2017. Juste avant  la cérémonie de prestation de serment qui eut lieu le jeudi 19 janvier 2017 à l’ambassade de Gambie à Dakar, au Sénégal.

Avant-hier, on avait dit que « plusieurs chefs d’Etat ont même honte de compter dans leur rang un voleur d’élection », quand hier, on a oublié de rappeler que les relations inter-Etats ne sont pas des relations d’enfants de choeur ou sentimentales interpellant le seul. Mais des relations d’intérêts.

Omis de dire qu’Ali Bongo prenait part à la Conférence sur les océans
du 5 au 9 juin 2017, au siège des Nations Unies à New York ( lire : Conférence sur les océans : discours prononcé par la République du Gabon ).

Puis, il s’était entretenu avec le Secrétaire Général des Nations unies, sieur  Antonio GUTERRES qui ne semblait pas avoir honte de lui. C’est bien là un acteur majeur de la Communauté Internationale dont parle Jean Ping. ( Lire: Le Président Ali BONGO ONDIMBA reçu à New York par le Secrétaire Général des Nations Unies !)

 

Jeudi, 8 juin, 2017- Le président de la République Gabonaise, Ali Bongo Ondimba, participant à  la Conférence de Haut Niveau sur les océans organisée par l’ONU, s’entretenait avec le Secrétaire Général des Nations unies, Monsieur  Antonio GUTERRES.

Avant-hier, on avait promis que le rapport commis par l’Union Africaine était la preuve d’un rejet des autorités de Libreville. Ajoutant que celui de la Mission d’observation des élections de l’Union Européenne marquerait un tournant décisif. Mais, hier, plus aucun mot à propos. Les sanctions annoncées n’étaient-elles pas dans la soute à bagages de l’Airbus ayant ramené Jean Ping à Libreville ?

Dans notre Inédito de lundi dernier ( Lire : #INEDITO – LE MARDI DE LA REMONTADA : FIN DU CONCEPT « PRÉSIDENT… ÉLU », PRESTATION DE SERMENT ET PRISE DE LA PRÉSIDENCE ? ), nous rappelions que la Remontada en Côte d’Ivoire au profit d’Alassane Ouattara avait vu l’adoption d’une Résolution, le 30 mars 2011 par le conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies [ Côte d’Ivoire: le Conseil de sécurité adopte des sanctions ciblées contre le Président Laurent Gbagbo, son épouse, et ses proches associés] . Un acte concret, loin du verbiage des Charbonnages à Libreville.

Avant-hier, on avait fait semblant de prendre de la hauteur dans les discours sur certains sujets dits tabous. Quand, subitement hier, on a évoqué la « déstabilisation d’une certaine diaspora sous des relents tribalistes ».

Ah bon ? C’est sorti de la bouche de Jean Ping ? Quelle grande hypocrisie ! De quoi parle Jean Ping ?

De la récente visite de sieur Ndemezo’o à Paris ? Si oui, quand durant la campagne, ces mêmes soutiens d’hier, Ndemezo’o, Essone Mengue et autres appelaient publiquement la communauté Nfang à ne point offrir de suffrages à quelque gabonais issu de leur groupe ethnolinguistique qui serait candidat, Jean Ping ne l’avait jamais relevé comme une sorte de tribalisme ? Parce que ce discours faisait ses affaires ?

Lire Gabonreview : Appels répétés au rejet de toute candidature d’un Fang: La pente glissante

Lire Gabonreview : Appel au rejet de toute candidature d’un Fang : Jean Ping contre la citoyenneté des autres ?

A cette époque, Réné Ndemezo’o – et autres- faisait, disait-on auprès de Jean Ping, dans la stratégie politique. Vénéré et applaudi. Et même directeur de sa campagne. Tant que ces personnalités étaient des soutiens de Jean Ping, tout était tolérable. Ces gens demeuraient aussi beaux qu’un Jean Eyéghé Ndong encore acclamé hier ?

Quid du discours de Chambrier Père à l’endroit des Nfang, invoquant Léon Mba, lors de l’intronisation de Jean Ping par la communauté Mpongwé au siège de sa chefferie aux ACAE durant la campagne 2016 ? Ici, point de tribalisme ?

Hier, Jean Ping a déclaré : « Je n’ai pas été élu pour exercer je ne sais quelle vengeance ». Soit.

Que disait-il alors en 2014 quand il fit son entrée dans l’opposition ? (Lire: Conflit interpersonnel dans Gabon : Lutte politique et chicanes entre les héritiers du patriarche Omar Bongo Ondimba) :

« J. Ping déclare devant le courant radical de l’Union Nationale dit des Souverainistes : « Après ma défaite, je suis rentré au Gabon avec l’intention de m’installer tranquillement dans mon village, sans gêner personne. Je ne voulais pas faire de politique…. On a tout fait pour que je ne travaille pas avec le Gabon. On a même suggéré à mes enfants de s’exiler.  Je leur dit dans des termes très clairs, puisque vous m’avez emmerdé, je vais vous emmerder. »

Doit-on continuer ?

En définitve, Ali Bongo Ondimba est toujours Président de la République Gabonaise ce mercredi 26 Juillet 2017. Et ce, jusqu’au nouvel ordre tant promis bien avant Jean Ping et par Jean Ping ?

A suivre…

Tous les discours disponibles sur : https://www.facebook.com/jeanping2016/

Laisser un commentaire