#241DDR – Le procureur face aux accusations de violences planifiées par la coalition Jean Ping ? Bruno Ben Moubamba, Ndong Sima… Pacceli Bikoro

Des déclarations et des témoignages contre Jean Ping et sa coalition se multiplient. Alors que la galaxie qui avait été formée autour de l’ancien candidat à la présidentielle connaît des défections et des divergences politiques, des anciens soutiens affirment qu’un plan avait été préparé pour des violences post-électorales lors du scrutin de 2016.

Nous rappelions déjà dans un précédent article les contradictions de Jean Ping, Marc Ona et Ntoutoume Ayi face aux actes de sieur Aba’a Minko aujourd’hui en prison. En effet, nous démontrons sur la base de faits que le discours développé durant la campagne par la coalition avait un penchant de violence empreint de populisme. Au point où Jean Ping refusait de répondre à l’invitation faite par la loi de présenter sa vision politique sur Gabon Télévision. Une attitude de défiance qui marquait déjà la confusion établie entre son aversion contre la personne d’Ali Bongo et le mépris affiché contre l’administration et le service public. Quoi qu’on leur reproche d’ailleurs.

BRUNO BEN MOUBAMBA

Ancien candidat arrivé officiellement en troisième position après délibération de la Cour Constitutionnelle, Bruno Ben Moubamba a initié un plaidoyer acculant Jean Ping au lendemain de la présidentielle.

Alors qu’il participait à une émission sur internet en Septembre 2016, bien avant son entrée au gouvernement, il affirmait déjà que “LA STABILITÉ DU GABON EST MENACEE PAR JEAN PING ET SA GALAXIE!

Plus loin, en Janvier 2017, il rebelote sur son Blog Mediapart [Gabon / Bruno Ben Moubamba : « Il faut arrêter jean Ping !], suivant la présentation des vœux à la Nation de Jean Ping en ces termes :

“Nous nous élevons contre ces faits et interpellons le Ministère Public afin qu’il prenne ses responsabilités face à ces graves provocations répétées contre l’autorité de l’Etat.

Il faut mettre fin au projet funeste de Monsieur Jean Ping : provoquer le chaos, peu importe si le Gabon met des décennies à s’en relever, rendre le pays ingouvernable et faire annuler la CAN 2017, tout ceci quitte à ce que des gabonais soient encore une fois sacrifiés sur l’autel de ses ambitions présidentielles. Lui qui refuse le Dialogue National, qu’a-t-il donc à proposer aux gabonais à part la violence et la mort ?”

Le 30 Juin 2017, accordant une interview à la radio panafricaine Africa No 1, il lançait gaillardement dans un propos relayé par nombre de médias dont Gabonreview qu’un plan de violences était prévu par la coalition Jean Ping: Présidentielle 2016: «Un plan de violences était prévu», dixit Bruno Ben Moubamba

Le déjà Vice-Premier Ministre ajoutait sans sourciller que :

«Les grands opposants qui se sont présentés aux élections avaient un plan de violences. Moi-même j’ai failli être associé à cela. Raison pour laquelle je me suis retiré et que je n’ai pas soutenu le candidat unique puisqu’un plan de violences était prévu.
Je ne voulais pas m’associer à ce genre de choses. Si les gens sont morts au Gabon, c’est aussi en partie de la faute de la manipulation d’une certaine opposition qui a laissé penser que ça y est, on allait arriver à cette chose, Ali Bongo allait partir».

RAYMOND NDONG SIMA

Egalement ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, arrivé en quatrième position, Raymond Ndong Sima, sans pourtant émettre des accusations nommément comme le précédent, laissait aussi penser dans une tribune publiée le 01 Octobre 2016 sur internet que des violences ont été planifiées. Intitulée : Démocratie, que tu es loin !  Le propos affirmait dès son entame : 

“J’ai le courage de mes opinions et je les revendique.

Je n’appartiens pas à cette catégorie de pyromanes qui jettent de l’huile sur le feu en poussant la population à l’affrontement et à l’insurrection, à mains nues, contre des troupes légales entraînées et armées sans, en contrepartie, vouloir en assumer les conséquences.

Je n’envoie pas aux gaz et aux balles (en caoutchouc ou réelles) une jeunesse dont une partie est excitée par des consommations de produits qui lui font perdre la tête. Je ne peux pas adhérer à des stratégies qui se donnent des objectifs quantitatifs de morts dans le but de faire intervenir les Nations Unies.

Je ne compte pas sur les réactions épidermiques de certaines provinces qui ont les nerfs à fleur de peau et se posent généralement des questions après avoir réagi.

Je ne crois pas qu’une élection soit un rendez-vous que le pays se donne tous les sept ans pour s’insulter, se diviser, s’entretuer, en un mot, pour s’entredéchirer.

Je défends des positions difficiles, peut-être, mais claires et conformes à l’esprit républicain. Ma présence à la prestation de serment du candidat déclaré élu par la Cour Constitutionnelle a déclenché un déferlement d’injures et de menaces qui en dit long sur les convictions démocratiques de ceux qui les profèrent.”

Puis, prenant rendez-vous avec l’avenir, il poursuivit :

“Le temps des bilans vient et chacun devra répondre de ses stratégies et non chercher à s’exonérer et même s’absoudre de ses erreurs en couvrant d’injures ceux qui ont eu le malheur d’exprimer des points de vue différents. Et ce n’est pas le vacarme sur le net qui y changera quelque chose.”

Sommes-nous proches ou arrivés à ce temps des bilans ?

PACCELI BIKORO

Cette dernière question vaut tout son pesant d’or lorsque nous assistons à des défections et fissures au sein de la coalition. Des divergences politiques profondes quand Guy Nzouba Ndama, ancien candidat s’étant retiré au profit de Jean Ping, appelle à une participation aux législatives dont le nouveau report a été décidé par la Cour Constitutionnelle [ lire: Impossible calendrier et report illégal des législatives en avril 2018 ? ], tout en affirmant ne pas vouloir suivre le camp Jean Ping qui viendrait à les boycotter [JeuneAfrique]: Gabon – Guy Nzouba-Ndama : « Il faut savoir discuter avec son adversaire »

Pendant que Casimir Oye Mba, ancien candidat également retiré au profit de Jean Ping,  avait déjà émis le souhait de voir ce dernier et le Président Ali Bongo se dépasser pour sortir de ce qu’il qualifie de crise politique [Gabonreview]: Sortie de crise : Casimir Oye Mba invite Ali Bongo et Jean Ping à se parler

Parmi les nombreux mouvements de jeunes formés autour de la coalition Jean Ping, certains affirment détenir des preuves de ce que les violences post-électorales étaient planifiées par leur candidat et son entourage. C’est ce qui ressort des récentes révélations de Pacceli Bikoro, ancien membre actif du concept “Jean Ping, c’est dosé” [gabonreview : Pacceli Bikoro : «Jean Ping prévoyait d’attaquer l’armée gabonaise»].

Tenant sa conférence de presse à la Chambre de Commerce de Libreville le 21 juillet dernier, il fournit des précisions sur les contours de ses révélations, tout en se disant à la disposition des juridictions compétentes pour faire la lumière sur ses accusations publiquement portées. Il était prévu de:

“Lancer une attaque contre toutes les forces armées et de défense du Gabon. Ce plan consistait à fabriquer des cocktails extrêmement toxiques à base de produits importés. Il consistait concrètement à faire le mélange de tous ces produits et laisser fermenter quelques minutes. Après inhalation, ces cocktails entraînent une perte de connaissance immédiate et dans certains cas la mort en moins de dix minutes”.

Des jeunes auraient été recrutés pour la mise à exécution du “plan machiavélique”. Ceux qui ont le bon souvenir se rappelleront qu’une bonne partie des rues de Libreville avait été le théâtre d’incendies simultanés. Le point culminant ayant été atteint avec l’incendie de l’Assemblée Nationale. Selon le documentaire diffusé le jeudi 6 juillet 2017 par France 2 [Complément d’enquête « Le clan Bongo une histoire française ], l’acte criminel serait le fait des partisans de Jean Ping.

Que fera la Justice maintenant ? Nous posions déjà la question suivant les révélations contenues dans ledit documentaire [#DroitDeRéponse – Allô… Étrange silence du procureur Steve Essame Ndong face aux révélations de France 2 ? ].

Et que fait le camp Ping qui semble laisser planer par son silence sur ces accusations devenues répétitives une sorte de culpabilité ?

Autrement, qui accepterait de laisser des accusations pareilles porter atteinte à sa réputation et son honneur, si infondées elles sont ?

Le respect dû à l’opinion publique mérite que la lumière soit faite. Surtout, lorsque certains acteurs publics ont érigé en projet politique l’évocation des compatriotes décédés suivant la proclamation des résultats et leur contestation.

Affaire à suivre…

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