dim. Oct 20th, 2019

#DroitDeRéponse – Allô… Étrange silence du procureur Steve Essame Ndong face aux révélations de France 2 ?

Nombreuses sont les affaires publiques qui ont récemment activé la mise en marche des prérogatives du Procureur de la République. Certaines ayant été révélées par voie de presse comme l’affaire Sinohydro de Juin 2016 chez Mediapart. La diligence du Procureur ne s’était pas fait prier. Alors que la chaîne publique française France 2 vient de diffuser de graves accusations sur la distraction des ressources de l’état, sieur Essame Ndong choisira-t-il le camp de l’intérêt public ? 

DES PRÉCÉDENTS

Juin 2016… Mediapart en France, reconnu pour avoir forcé les pouvoirs publics et la classe politique à la moralisation de la vie publique, faisait des révélations sur « des documents découverts par la police et le témoignage sur procès-verbal d’un avocat parisien prouvant que des proches des deux principaux candidats à la présidentielle – le chef de l’État Ali Bongo et l’outsider Jean Ping – ont perçu ces dernières années des millions de dollars de commissions occultes, versées en Chine, sur plusieurs marchés étatiques gabonais. » Le fils du second cité, Franck Ping, était clairement visé.

Courant mars 2017… Le parquet lance deux mandats d’arrêt contre Franck Ping –  poursuivi pour des faits de corruption active – et Alfred Mabika Mouyama – ancien président directeur général de La Poste gabonaise, poursuivi pour des faits de détournement de fonds.

LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE : DÉCLENCHEUR DE L’ACTION PUBLIQUE

Rappelons que le procureur de la République détient le pouvoir de décider de l’opportunité des poursuites, préalable indispensable au procès pénal. Il est l’avocat de la société et protège l’intérêt public en assurant le respect de la loi pénale. Il a donc deux (2) missions : déclencher les poursuites pénales lorsqu’il est informé d’une infraction et plaider dans l’intérêt de la société lorsqu’il est partie au procès.

Il examine les informations portées à sa connaissance et décide des suites à donner à l’affaire. Parmi les possibilités, le classement sans suite. Si l’auteur des faits n’est pas identifié ou les éléments sont insuffisants pour établir la véracité des faits, le procureur de la République décide donc de ne pas engager de poursuites.(source).

Suivant ce qui précède, le silence ou le classement sans suite du Procureur de la République peut-il se justifier face à ce documentaire qui met gravement en cause l’Etat gabonais et sa gouvernance, sa réputation, sa sécurité et ses gouvernants présentés comme de vulgaires délinquants financiers – dont la première Institution qu’est le Président de la République ?

Si l’affaire du 16 juin 2017 de sieur Aba’a Minko, conduit finalement à la prison centrale de Libreville – pour association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, incitation à la révolte et de diffusion de fausses nouvelles en vue de troubler la paix publique – a retenu l’attention du procureur, que dire des révélations faites récemment par France 2 ? Notamment sur les recettes d’un pétrole gabonais qui reviendraient à raison de 18% au « clan de feu Omar Bongo Ondimba » ? Contre 27% pour l’Etat ? Entre autres accusations…

Doit-on donner raison à cette opinion qui tance une Justice gabonaise trop partiale et en faveur de la seule défense des intérêts du Président de la République et son entourage ? Parce que détenteur du pouvoir de nomination à la tête du Conseil Supérieur de la Magistrature ? Quid des nombreuses grèves des magistrats pour réclamer plus d’indépendance de la Justice gabonaise vis-à-vis du pouvoir exécutif ?

Meboon

 

 

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