lun. Juil 15th, 2019

#DDR: Les contradictions de Jean Ping, Marc Ona et Ntoutoume Ayi face aux actes de sieur Aba’a Minko ?

Vouloir faire une lecture de l’acte de sieur Aba’a Minko sans tenir compte d’une certaine chronologie des faits discursifs tirant leur origine avant la période de campagne électorale de 2016 marque assez de mauvaise foi. 

Alors qu’une élection présidentielle porte sur le choix d’un homme ou d’une femme portant un projet, nombre d’acteurs avaient estimé cette logique inopportune en prétextant que le scrutin au Gabon n’est qu’une occasion pour en découdre avec le pouvoir. Examinons:

LE 15 AOÛT 2015 : LA RENCONTRE PING – MENGARA

Il faut reconnaître à Jean Ping l’origine d’un discours qui excluait toute logique insurrectionnelle ou de violence. D’ailleurs, une grande partie de l’opinion publique lui reprochait le fait de se lancer en campagne un an avant l’élection. Echos du Nord titrait à cette époque: “L’Homme Pressé”, comme pour fustiger cette attitude à la marge. D’autres familles politiques construisant le discours politique autour d’une certaine stratégie dite de DTE ( Destitution – Transition – Election).

Depuis 1998, et s’appuyant sur la plateforme Bongo Doit Partir, Daniel Mengara estime que seule une insurrection – qui a parfois fantasmé une branche armée appelée Le Mamba- peut venir à bout du pouvoir dont il dépeint la personnalisation autour du patronyme Bongo.

C’est suivant ce décor prévisible que Jean Ping avait écourté la prise de parole dominicale de son invité du 15 août 2015 en disant : “Ce n’est même pas la peine de continuer, M. Mengara, je sais déjà ce que vous allez dire… Non, mais je sais déjà que nous ne pourrons jamais nous entendre.” Propos rapportés par Daniel Mengara lui-même en conclusion de sa visite préparant son retour politique au Gabon en août 2015. Promesse jamais tenue à ce jour.

DE LA TEMPÉRANCE AU DISCOURS MILITAIRE ET SUBLIMINAL : ALLER JUSQU’AU BOUT !

Cette tempérance qui laissait imaginer un Jean Ping inscrit dans la légalité, malgré toutes les récriminations à l’encontre du pouvoir et de l’organisation des élections depuis les années 90, a tenu son gouvernail sans flancher tout au long de l’année 2015.

2016 va marquer le début d’un discours qui faisait certainement rigoler Daniel Mengara. Entre malice, manipulation, jeu de mots, bluff, et appétence pour un populisme censé galvaniser les foules, le choix des mots pour qualifier cette nouvelle stratégie du discours était riche et garni.

Mai 2016: Dans une vidéo disponible sur Youtube, Jean Ping appelle les populations gabonaises à prendre leurs responsabilités en ces termes:

  • Je crois que, si le changement commence, il doit commencer par vous. Nous (Ses soutiens et lui ?), nous prenons tous les risques. Nous n’allons pas reculer. Nous irons jusqu’au bout ! Il faut que vous aussi vous alliez jusqu’au bout ! Il faut que vous nous souteniez. Sans vous, nous n’avons pas de force. C’est votre force qui sera la nôtre. Sensibilisez massivement vos femmes, vos enfants, vos sœurs… que le combat que nous allons mener là, c’est le combat pour notre survie. Pour notre dignité. Pour notre pays. Chez moi, là-bas, comme Réné Ndemezo’o l’a dit, à Omboué, quand on s’en va dans une bataille comme celle-là, on va au cimetière. On dit aux morts: on s’en va à la guerre ! Levez-vous et accompagnez-nous ! Il s’agit d’une véritable expédition pour nous débarrasser des cafards !

Lien vers la vidéo : Expédition contre les cafards !

Mais, qui sont les cafards dont parle Jean Ping ? Une hypothèse renvoie à une vidéo diffusée durant les événements électoraux de 2009 par la chaîne France 24. Elle met en scène un citoyen gabonais nommant Ali Bongo comme étant un cafard.
Lien vers la vidéo : Ali ben c’est un cafard!

LES ULTIMATUMS 

En sus de tout ce qui précède, Jean Ping aura lancé plusieurs ultimatums à l’endroit d’ Ali Bongo. Le dernier en date remonte à sa déclaration du 15 avril 2017 lors du Méga-Meeting dit de Ntchoreré à Libreville. Appelant Ali Bongo Ondimba à quitter le pouvoir “Avant qu’il ne soit trop tard” ! A quoi cela fait-il allusion ?

Ailleurs et qualifiant le Gabon comme un “pays mort”, il appelait à un blocage de l’économie du pays, comme le relève le site LePoint Afrique.  Des discours dont le champ lexical n’est jamais éloigné des incitations au chaos.

Puisque revendiquant une victoire et, donc, un plébiscite conséquent des populations gabonaises lors de la dernière présidentielle, Jean Ping peut-il totalement décliner sa responsabilité face aux actes de ses partisans clairement identifiés ? Et, se réclamant dans l’action au bénéfice de sa prise de pouvoir ? Quid de sa déclaration annonçant l’expédition contre les cafards supra ?

MARC ONA ET SON GÉNÉRAL !

Alors que la campagne tenait ses quartiers sur les plateaux de télévision, l’opinion publique et les téléspectateurs découvraient la théorie du partage du gâteau adossée au Général. Dans une vidéo disponible sur Youtube, Marc Ona, comme Jean Ping, embrassait le discours militaire en méprisant celui portant sur les projets de société en ces termes :

  • Cette étape que nous avons commencée, c’est une étape de mettre en place (sic) une armée avec un général pour aller conquérir les urnes. L’armée, c’est pas pour faire la guerre !

Si une armée ne fait pas la guerre, à quoi sert-elle ? De quelle école militaire ou de sciences politiques Marc Ona tire-t-il ses théories confuses ? Et qui sont les récepteurs de son message ? Des êtres inanimés ?

En dehors du Japon via l’article 9 de sa Constitution qui s’est refusé la reconstitution d’une armée suivant les événements de la seconde guerre mondiale, quelle institution ou pays sérieux au monde possède une armée pour aller à la seule conquête des urnes ? (même les fractions dissidentes qui sèment le terrorisme dans le monde font référence aux termes militaires pour user des armes renvoyant aux armées régulières).

Le lendemain, soit le 18 août 2016, après avoir dit la veille que l’armée était pour la conquête des urnes, il affirmait qu’elle était désormais au service de la résistance face à la force (interview sur Gabonreview). Parce qu’ils n’avaient aucune foi dans l’élection. Comment fait-on face à une prétendue force sans l’usage d’une autre force ? Il faut peut-être poser la question à l’ancien candidat Aba’a Minko qui allait se désister au profit de Jean Ping quelques jours plus tard. Par ailleurs, une résistance qu’on dit ne pouvoir s’arrêter qu’au départ d’Ali Bongo implique quel type d’actions ? Si l’élection n’est plus valable et ne sert que d’alibi  ? Alibi… pour quoi faire ? Daniel Mengara pourrait répondre…

NTOUTOUME AYI : LE DISCOURS DE LA DUPLICITÉ ? 

Intransigeant. Catégorique. Résistant. Le verbe haut. Rejetant la reconnaissance d’un pouvoir en place à Libreville depuis la dernière présidentielle. Porte-parole d’une coalition qui ne veut discuter que sur les conditions de départ d’ Ali Bongo.

Entre avis personnels et discipline d’équipe, Ntoutoume Ayi perd l’observateur attentif.

Peut-on ne pas reconnaître les autorités en place à Libreville et leur apporter une critique répondant à l’attitude d’une opposition revenue dans le cadre de la légalité ? Ntoutoume Ayi ne serait-il pas pour la participation de sa coalition aux législatives prochaines via ses critiques à l’endroit du gouvernement ? Il trouvait inacceptable le report des législatives au 29 juillet 2017 par une décision de la cour constitutionnelle, comme le rapportait le site Gabonactu.com. Alors qu’il confiait ceci au journal Le Monde:

  • On en discute, ce n’est pas sûr ( de participer). […] Le cycle de la présidentielle n’est pas épuisé. Comment passer à autre chose, à une autre élection, tant qu’Ali occupe le palais du bord de mer ? Pour un sens aux législatives, il faut que cette question soit réglée auparavant.

Naviguant entre porte-parolat au profit de Jean Ping  et ses responsabilités au sein de l’Union Nationale, il attaquait plus loin le projet de loi des finances rectificatif 2017 ( Le Gabon en faillite ) avant de recevoir une réponse du gouvernement qui estimait ses déclarations sans fondements. Réponse du Gouvernement à l’UN

Dans cette interview au journal LE MONDE , Ntoutoume Ayi interpellait l’intervention de la communauté internationale en citant le cas de la Côte d’Ivoire tout en récusant l’usage de la force. Cohérence ? Des messages subliminaux qui ne vont jamais au bout de leur logique. Le Gabon n’a eu aucune crise institutionnelle au point de mettre en conflit la Cour Constitutionnelle et la CENAP en charge de l’organisation des élections. En Côte d’Ivoire, en effet, le 3 décembre 2010, le Président du Conseil constitutionnel invalidait les résultats provisoires de la CEI – en charge de l’organisation des élections – qui donnaient le candidat Alassane Ouattara vainqueur.

Pour finir, pourquoi Ntoutoume Ayi accepte-t-il de lire une déclaration félicitant l’annonce par le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong, de l’ouverture d’une enquête judiciaire sur le cas Aba’a Minko ? Reconnaissent-ils finalement l’existence des autorités en place au Gabon ?

EN DÉFINITIVE…

Le soutien de Jean Ping, Aba’a Minko, n’est-il pas le plus cohérent de ses partisans en sortant du discours de duplicité des membres de la coalition et leurs soutiens d’une certaine société civile ? Après avoir invité leurs partisans à aller jusqu’au bout sans jamais dire lequel bout, pourquoi encore condamner sieur Aba’a Minko ? Que signifie finalement faire une expédition contre les cafards ?

Que Jean Ping assume au moins la portée de son discours politique dans l’inconscient populaire, à moins que ses conseillers en communication ne lui rappellent les mécanismes de fonctionnement d’un discours rendu public sur ses récepteurs.

Meboon.

 

4 thoughts on “#DDR: Les contradictions de Jean Ping, Marc Ona et Ntoutoume Ayi face aux actes de sieur Aba’a Minko ?

  1. N’importe quoi. Tu devrais d’abord apprendre a reconnaitre tes fautes. Tu te permets de vilipender, avec une mechancete indescriptible, des personnes qui te font des observations sur un point precis. Au lieu de repondre sur ce point precis, tu as prefere te rependre en calomnie et en diffamation. Dans un mensonge grossier tendant a avilir l’interesse, tu t’es fendu d’un titre dithyrambique sans preuve sur Facebook <>. Depuis que ce dernier t’a apporte un element de reponse par rapport a ce mensonge sordide monte dans vos ateliers, tu es incapable d’avoir l’honnetete intellectuelle ou l’humilite qui s’impose en pareille circonstance pour reconnaitre que tu as ete manipule. Avec ca, on se dit brillant et illumine. Continue et tu seras maudit toute ta vie pour cela.

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